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La vie quotidienne en voyage

Beaucoup d'entre vous nous disent: "Waouh, c'est trop génial ce que vous faites…"
Oui, nous vivons notre rêve et oui, nous sommes très heureux de cela…
Cependant, pour remettre les choses à leur place, nous vous devions un article vous expliquant la réalité de la vie quotidienne en voyage !

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– La première chose à savoir, c'est qu'un VOYAGE, ce ne sont pas des VACANCES… Nous sommes dans une certaine réalité du quotidien, nous devons veiller à notre budget, être vigilants sans être paranos car nous ne sommes pas chez nous, trouver en permanence de nouveaux repères, s'adapter à de nouvelles situations, etc.

– Ensuite, ce n'est pas avec de la "CHANCE" que nous sommes partis. Nous sommes partis parce que nous nous en sommes donnés les MOYENS, que nous avons certainement, dans notre cerveau, un grain de folie qui a poussé arrosé par quelques gouttes de courage!

Lors de nos discussions avec les voyageurs – toutes catégories confondues: jeunes, retraités, célibataires, en couple, avec ou sans enfants – que nous avons rencontrés, ces 2 points sont super importants et doivent être soulignés!

Peut-être que le secret, c'est de trouver sa place et de prendre ses marques… Vaste programme !

En ce qui nous concerne, vivP1040942re dans le P'tit Combi, c'est vivre dans 7m², cabine de conduite incluse.
Cela sous-entend donc que nous dormons, cuisinons, lisons, jouons, réfléchissons et nous chamaillons (parfois) dans moins de 5m² !!
Essayez de rester enfermés toute une journée dans votre salle de bain avec votre conjoint ou votre coloc', vous aurez un aperçu de notre réalité!

Le matin:

Réveil entre 6h et 7h, si nous ne nous sommes pas faits réveiller dans la nuit par des chiens / des policiers/ des voitures / des souris…
Se demander qui se lève en premier ce matin, car impossible de se lever tous les deux en même temps, faute de place!
Généralement, c'est Alline qui sort en premier, car… pas de WC dans le combi et pas de prostate pour Alline, CQFD, cf. plus bas pour les détails…

Le petit déjeuner:

Généralement, le plus gros repas de la journée… Nous nous la jouons petit déjeuner continental, avec parfois des oeufs ou de gros sandwichs, du fromage, des céréales, des tapiocas, des fruits etc…
C'est Mika qui s'y colle bien souvent, car c'est, de loin, le plus actif des deux le matin ! 

P1080774La journée démarre ensuite:
Nous vérifions que tout est en état de marche, les niveaux, les pneus et les feux du Combi, les appareils photos, la GOpro, La musique…
Pendant que le moteur chauffe, le GPS est déjà en route, les cartes dépliées afin de visualiser notre objectif du jour.

Les rituels:

Dire bonjour au Combi, nous avons un petit porte-bonheur accroché au rétroviseur du Combi… 
Tous les jours, nous remercions le Combi de nous abriter et de nous aider à vivre cette aventure, pour l'instant ça fonctionne, donc nous continuons!
Mettre de l'encens pour démarrer la journée, histoire de purifier l'athmosphère au sens énergétique et au sens pratique !

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Répertorier l'endroit d'où nous partons, les kilomètres parcourus la journée précédente, tout cela dans notre cahier de comptes.
Mettre de la musique pour finir de se réveiller en douceur, le temps de se mettre en route!

Le déjeuner, le dîner:

Sans faire de la grande cuisine, nous essayons de varier les plaisirs et de manger équilibré… 
Un p'tit tour au marché du coin et nous récoltons ce dont nous avons besoin au jour le jour… 
Pas de frigo, pas de four dans le combi, mais 2 feux gaz (oui, oui, nous avons le gaz!) pour cuisiner, c'est amplement suffisant
Sachant qu'en plus, vu la consistance du petit déjeuner, le déjeuner devient bien souvent un goûter/dîner…
Donc, pas trop contraignant…

Nous ne nous plaignons pas de notre sort, car avec nos conditions actuelles de vie, nous sommes conscients que nous avons bien souvent plus de confort que certaines familles que nous croisons par ici… 
Ainsi dans le Combi, nous avons:
– l'électricité grâce à un super système de seconde batterie de voiture installé par Mika
– l'eau semi courante, puisque nous filtrons et stockons notre eau, merci Katadyn
– le gaz pour cuisiner de "bons petits plats"
– le couchage confortable, ainsi Mika n'a presque pas les pieds qui dépassent du lit quand nous sommes couchés ! (petite pensée à Ludo et Amélie qui se reconnaîtront!)

Et pour vous, qu'est-ce que le confort? Vous avez 2 heures.

Le ménage:

Comme l'espace est petit, nous sommes devenus des profesionnels du rangement et de l'optimisation. 
L'avantage est que comme la surface est toute petite, le ménage prend 5 minutes.
Récemment, nous avons intégralement vidé le Combi 2 fois en pleine nuit car un couple de souris avait décidé de loger avec nous ce soir-là…
Vider le Combi, ça prend 1/2 heure… Nous n'avons pas beaucoup dormi cette nuit-là, mais nous avons grandement amélioré notre organisation !

La lessive:

Bon, sur ce coup-là, c'est un peu du luxe,  mais dans la plupart des cas, nous sous-traitons cette tâche en passant par les services d'une laverie… 
Cependant lorsque la météo et la durée de notre séjour le permettent, nous faisons un brin de lessive en extérieur comme à Lençois au Brésil, en compagnie des autres mamas du coin ou encore seuls au monde, au bord du Lac Titicaca.P1040916

L'hygiène:

Les toilettes du Combi sont les plus grandes toilettes du monde: Dame Nature !! 
Malgré cela, lors de nos débuts de voyage, la question des "pipipopos" a été source de pas mal de discussions, ben oui, une fille, c'est pas pareil qu'un gars!
Mika a pensé a au moins 3 systèmes plus ou moins ingénieux de faire nos besoins dans le Combi, mais… Dame Nature reste encore et toujours le meilleur endroit!
Nous utilisons également les toilettes des stations services, celles des lieux publics… En notant qu'en Bolivie et au Pérou, il vaut mieux avoir toujours avec soi son rouleau de papier toilettes!
Certaines habitudes alimentaires ont dû être modifiées: ainsi, plus de thés ou de tisanes ne sont bus dans le Combi et nous évitons certains aliments comme les haricots (ou alors avec beaucoup de bicarbonate), car ensuite…
Il faut aussi souligner que nous avons eu de la chance jusqu'à présent: pas de gastro ou de turista à l'horizon…

P1090428Pas de salle de bains non plus dans le Combi… Donc, la douche quotidienne, on oublie !!
Comme dit souvent Mika à Alline pour la rassurer dans ses moments de doute: "On n'est pas sales et on a des solutions!".
La douche est donc remplacée par une toilette avec des lingettes pour bébé. C'est sûr, ce n'est pas génial d'un point de vue écologique, mais c'est quand même super pratique!
Nous avons aussi emmené dans nos bagages une douche solaire, pour le coup, c'est écologiquement le top… mais il faut pouvoir se doucher dehors en toute tranquilité… difficile en pleine Plaza de Armas à Cusco par exemple !
L'idéal, c'est quand nous nous arrêtons à proximité d'un point d'eau douce, comme lorsque nous étions au lac Titicaca dans ce cas, tout est simplifié!
En ultime recours: nous passons une nuit dans un camping ou nous achètons une douche dans un hôtel… car dans ce monde, tout s'achète!!
La petite info en plus qui envoie du rêve: le record du nombre de jours sans prendre une VRAIE douche: 5 jours (!!)…  

Le soir:

Notre vie nocturne est socialement et intellectuellement passionnante: généralement, il n'y a plus personne après 22 heures !
En fait, après des journées qui commencent tôt, qui sont riches en émotions, en paysages, en rencontres, en fatigue ou stress (sur certaines routes)… à la fin de la journée, nous sommes tout simplement crevés.
Nous vivons donc au rythme du soleil, et il n'est pas rare qu'à 20 heures, nous soyons déjà au lit prêts à sombrer dans les bras de Morphée.

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NB: Si après la lecture de cet article, vous avez des fourmis dans les jambes et des étoiles dans les yeux, ne perdez plus une seconde: arrêtez de rêver et partez pour un voyage au long cours !!

 

Nous P1100029dédions cet article à Cristina et Giogio qui ont dû reprendre le travail depuis quelques jours…
"TRAVAIL" mot français qui vient du latin "TRIPALLIUM" qui était un outil de torture… 

 Dedichiamo questo testo di Cristina e Giorgio che è tornato a lavorare un paio di giorni …
"TRAVAIL" parola francese che deriva da "TRIPALLIUM" latina è stato uno strumento di tortura …
"Piensa Giorgio, Piensa!!"

 

Bloqueados et totalement congelados à Potosi

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Dans les Andes, en Bolivie, à plus de 4000 mètres d'altitude, il fait froid la nuit et chaud la journée… Malgré l'achat de 3 couvertures, de pulls, de pantalons et de gants, nous avons déclaré forfait.
La goutte d'eau, cela a été le matin où nous nous sommes réveillés en faisant des petits nuages avec notre souffle et que nous avons dû dégivrer le pare-brise à l'INTERIEUR du Combi.

Après 2 nuits littéralement "congelados" dans le Combi, nous avons décidé de rallier au plus vite Potosi pour:
– Dormir au chaud
– Prendre une douche chaude
– Organiser notre excursion vers le Salar d'Uyuni

De bonne heure, de bonne humeur, la bouche en coeur, nous arrivons au poste d'entrée de la ville aux alentours de 12h. 
Potosi, sur le papier, cela semblait intéressant, une industrie forte du fait des mines (de plomb, d'argent, d'étain) et un patrimoine colonial important, classé par l'UNESCO.

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Sauf que là… le policier installé dans sa cahutte à 3 kilomètres de la ville nous explique qu'il n'est pas possible de rentrer dans la ville, car il y a une grève générale des mineurs et que tout est bloqué par les manifestants.
Il nous conseille vivement de faire demi-tour… Oui, oui, très bien, mais cela n'est malheureusement pas possible… car avec ce qu'il nous reste d'essence, faire demi-tour, signifie tomber en panne sèche dans la pampa bolivienne
Nous décidons donc d'attendre patiemment en compagnie de routiers, de bus de touristes, des micro-bus et de taxis locaux, et… de lamas.

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Comme d'habitude, notre Combi attire l'attention et nous passons le temps en racontant nos aventures.

Vers 17h, tout d'un coup, tout le monde s'agite, il serait enfin possible de rentrer dans la ville.

Nous voilà engagés dans un embouteillage apocalyptique, en descente, dans les lacets de montagnes, pour faire 1 kilomètre en 4 heures… et tomber sur des manifestants pas très sympas et plutôt revanchards.
Nous arrivons cependant à passer ce premier barrage ! 
Ouf!! Il nous en reste deux? Pas de problèmes, même pas peur, nous avons trop froid !

Oui, mais voilà, si les manifestants du premier barrage nous les avons trouvés pas sympas, ceux du deuxième étaient carrément hargneux, et il faut le dire, complètement saouls, donc pas très futés.
Comme ce sont des mineurs, ils jouent avec le feu et des explosifs – pétards ou dynamite, au choix – et sont fermement décidés à ne pas nous laisser passer.
Difficile de vous expliquer nos ressentis, car nous avons nous-mêmes eu du mal à nous dire que tout cela éait bien réel et que nous n'étions pas en plein tournage de film d'action avec Bruce Willis.
Sur ce coup-là nous nous sommes abstenus de prendre des photos… Vous nous excuserez!

Vers 5 heures du matin, après une troisième et courte nuit dans le Combi, toujours par -10°C, Mikaël en valeureux chevalier, entreprend de passer le 3ème barrage, espérant profiter de la fatigue dûe à l'ébriété de nos amis mineurs. 
Stratégie payante, nous sommes finalement entrés dans la ville. Hihaaaaaaa ! 

La première porte que nous poussons est la bonne, l'hôtel s'appelle "Sous le ciel de l'Eucalyptus", le gérant Wilbert parle français, les employés Edwin, sa femme Sirly et leur fils Santiago sont tout simplement adorables et compréhensifs.

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Il y a de l'eau chaude, du chauffage, et internet ! La vie est belle.
Malheureusement, très vite, nous comprenons que nous sommes pris au piège, car pour accéder ou sortir Potosi, il y a quatre routes et toutes sont barricadées par des manifestants toujours plus énervés.

Temps de la grève : illimité. Possibilités de sortir : proches de zéro.

 

Pendant quelques jours nous entrevoyons ce que peut donner une ville est en état de siège.
Potosi est à la merci des manifestants qui jouent sur la peur. 
C'est une ville morte que nous découvrons. Les institutions, les banques, les écoles, les commerces, les restaurants, tout est est barricadé, fermé à coup de cadenas. 
Aucune voiture dans les rues. Les passants se font rares.

Seules les motos des grévistes circulent pour surveiller et empêcher la ville et la vie de reprendre leur cours.
Pour faire des courses, il a fallu marcher près de 4 kilomètres pour trouver du pain, des carottes et des bananes à moitié pourries.
En ce qui concerne l'essence, tout est rationné, elle est distribuée au compte goutte et il faudra plusieurs tentatives pour en avoir et pour très cher: 10 bolivianos le litre au lieu de 8,68, le vigile ayant pris sa commission au passage!
Il n'y a pas de violences physiques à Potosi, contrairement à La Paz où tout a dégénèré… 

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D'après ce que nous avons réussi à comprendre, Potosi se révolte contre les promesses non tenues du président Evo Morales, réélu pour la 3ème fois l'an dernier, qui s'était engagé lors de son précédent mandat à fournir à Potosi et à ses 250 000 habitants une centrale béton, un aéroport et un hôpital entres autres choses… 
Cela nous laisse songeur… si les français montaient aux créneau de la sorte à chaque promesse non tenue, dans quel état serait la France…

 

Les premiers jours, nous profitons avec calme et philospohie de ce moment de pause forcée.

De toutes façons, Alline a attrapé une belle bronchite, Mikael a mal au dos et un gros rhume. 
De plus, il faut le dire, nous souffrons du mal de l'air… Le simple fait de monter dans notre chambre au 2ème étage revient au même effort que de courir un 50 mètres.
Cette situation extraordinaire a fait que nous avons sympathisé avec le personnel de l'hôtel et les 2 autres seuls clients, des brésiliens, que nous fini par "faire passer" en douce au milieu d'une nuit… 
Nous vivons en bonne intelligence dans cette communauté, en partageant nourriture, expériences, inquiétudes, questionnements et ressentis.

 

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La situation a commencé à devenir vraiment pesante et agaçante lorsqu'un imbécile totalement saoul (il y en a partout dans le monde) a explosé la vitre conducteur du Combi.
Nous vous passerons le débarquement des 15 motos de police – ils pensaient que c'étaient les manifestants qui se révoltaient – la traversée de la ville, chacun derrière son cow-boy motard, la déposition en portugnol face au comissaire qui aurait pu jouer dans un film d'Audiard…
Tout cela mériterait un article à part entière… cela fera partie des anecdotes que nous vous gardons pour le retour avec une bonne bouteille de vin!

 

Le samedi 18 juillet, tout s'accélère en quelques heures..

Nos mails à l'ambassade de France étant restés sans réponse, nous décidons de nous prendre en main.
A 12h après une entrevue avec le COMCIPO (COMité CIvique de POtosi) qui "coordonne" les manifestants, nous apprenons qu'une sortie serait possible, vers 13h30.
Petit problème, nous ne sommes pas intégrés dans le convoi.
Deux mamitas du COMCIPO, face à notre désarroi – Alline pleure de rage, Mika jure les bons dieux et les vafanculo – décident de nous prendre en charge. 

 

En effet, des touristes argentins, venus en masse pour acclamer le Pape en visite en Bolivie se sont retrouvés comme nous coincés avec leur véhicule dans la ville.
Ceux-là ont fait le forcing auprès de l'église Catholique de Potosi pour obtenir un droit de sortie exceptionnel auprès des manifestants.
Seul moyen pour nous d'intégrer le convoi, parler avec le prêtre qui organise ce convoi.
Le temps est serré, le prêtre n'est pas chez lui. Il faut faire vite pour le contacter. 
Direction la radio locale pour obtenir son numéro de téléphone.
Par un tour de passe-passe que seuls les journalistes maîtrisent, nous voila en train de donner une interview en direct pour expliquer nos malheurs et attirer l'attention du prêtre.

Mission accomplie, il rappelle et nous serons intégrés dans le convoi.

 

L'heure tourne, nous entassons en vrac nos affaires dans le combi, plaçons un carton à la hâte à l'emplacement de la fenêtre cassée la veille, histoire de ne pas arriver congelés à Uyuni et nous filons au point de rendez-vous.
Il nous faudra 3 heures pour passer les 4 barrages, avec à chaque fois une petite appréhension.
Dernière montée d'adrénaline, lors du dernier barrage, lorsque soudainement le P'tit Combi décide de caler et que tous ceux derrière nous klaxonnent et nous doublent.
Nous nous retrouvons là, seuls et encore coincés à Potosi, ce sera une petite frayeur d'une minute, des impuretés dans le filtre à essence… Mais c'est à ce moment-là que nos nerfs ont lâchés pour de bon.

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C'est donc sous l'escorte de deux prêtres que nous avons été littéralement exfiltrés de Potosi.
Nous y serons restés bloqués 7 jours et 8 nuits.

A l'heure où nous vous racontons cette histoire, le conflit dure toujours…

 

4 villes 4 ambiances

Ces derniers jours, nous avons été frappés par le contraste que nous a offert les villes que nous avons traversées.

Brasilia la nouvelle capitale futuriste rêvée.

Brasilia, c'est la capitale politique et administrative du Brésil.
C'est une des capitales les plus récemment construites au monde mais aussi l’une des villes les plus rapidement bâties, en 2000 jours, dans les années 60.
L'idée pour décentraliser les villes de Rio de Janeiro et São Paulo tout en faisant vivre le centre du Brésil, particulièrement pauvre et déserté à l'époque.
Il a donc été fait appel à plusieurs architectes de l'époque, dont un certain Oscar Niemeyer…

Vue du ciel, la conception de Brasilia évoque la forme d’un avion.
Chacune de ses conceptions architecturales sont stratégiquement disposées le long de l’Eixo Monumental (l'Axe Monumental) qui constitue le "fuselage".
Les "ailes" accueillent les zones de blocs résidentiels, les zones hotelières, les zones commerciales, la zone des ambassades, etc…

Brasilia, c'est un musée architectural en plein air, il suffit de se promener le long de l'Eixo Monumental pour voir ce qu'il y a à voir.   
Nous avons pris le parti de visiter Brasilia à pied, en 4 heures, l'équivalent d'une bonne randonnée, car si la ville donne l'impression d'être à plat, elle est en fait en pente douce… pente qui devient une montée lorsqu'il faut rentrer vers notre fidèle Combi!
Mika qui ne raffole pas des villes, s'est malgré tout laissé entraîner dans cette ville où le ciel et l'horizon sont toujours présents, où la circulation est fluide lié aux nombre voies conséquent sur les avenues principales.
Alline de son côté a adoré toute cette organisation, l'idée de créer cette ville et que cela fonctionne, la sensation d'être dans un roman futuriste. 

 

Pirénopolis et Goias, les coloniales

Le lendemain, changement radical d'époque, retour dans les temps passés.
Nous nous sommes déplacés vers Pirénopolis et Goias, ces deux villes ont eu leur moment de faste à l'époque coloniale.
Installées toutes deux en bord de cours d'eau, il se dégage de ces cités une certaine douceur de vivre.
Nous avons la chance de découvrir ces endroits hors saison, car c'est l'hiver ici, même si pour nous, cela ressemble encore et toujours à un été français.
Il n'y a donc dans ces villes pratiquement que les locaux, qui ont l'air relativement déconnectés des tracas de la vie en ville.

 

Ponta Porã, l'étrange ville aux mauvaises ondes

Tout notre périple pour rejoindre sortir du Brésil a pris fin a Ponta Porã.
Ponta Porã, c'est une des dernières villes du Brésil avant le Paraguay.
Notre mission était de valider administrativement la sortie du Brésil et donc l'entrée au Paraguay pour Mika.
Mission réalisée sans trop de problèmes, il est certain qu'un passeport français passe mieux que d'autres.

Nous avons appris très vite que le Paraguay est très pauvre par rapport au Brésil. 
C'est un pays qui n'applique pas de taxes d'importation aussi fortes et a une monnaie plus faible que le Brésil.
La conséquence directe de tout ça est que les brésiliens et autres étrangers ne sont pas très bien vus et encore plus dans les zones frontières, comme Ponta Porã où le défilé est incessant pour ramener des produits de consommation courante ou "de luxe" pour "pas cher".

Nous avons décidé de mettre à profit la fin de journée pour voir cela de nos propres yeux en visitant un de ces mégacentres de la consommation.
Le décalage a été assez impressionnant, pour nous dont la vie tient dans un Combi depuis quelques semaines maintenant…
Nos besoins essentiels se résument à manger, trouver un endroit où dormir et se laver, mettre de l'essence dans le Combi… et de temps en temps trouver du Wifi pour communiquer avec nos proches.
Sur des milliers de mètres carrés on trouve tout ce dont le commun des mortels peut avoir envie de posséder, parce que la télévision, la radio et/ou son voisin lui ont dit qu'il FALLAIT avoir telle ou telle chose.
De l'électroménager au Nutella, en passant par les parfums ou l'alcool, en n'oubliant pas les chaussures, sacs à main, accessoires de camping, articles de décoration et j'en passe…
Un énorme duty-free. Un truc de fou. 

Drôle de décalage quand nous nous sommes mis en quête d'un lieu où garer notre combi pour passer la nuit… 
Généralement nous choisissons les postes d'essence, car là, la douche est offerte à ceux qui font le plein, il y a souvent des vigiles et les routiers sont sympas.
Ce soir-là, impossible de trouver ce type de poste. L'heure avançant, la population en ville devenait nous est apparu moins amicale.
Nous nous rabattons donc sur un poste près d'un supermarché.
Nous discutons difficilement avec le vigile, qui parle un espagnol qui est très loin de celui qu'on apprend au lycée en France.
Nous finissons pas comprendre, parce qu'il se décide à parler portugais (au bout de 20 minutes !!!) que pas de problèmes pour lui, il travaille toute la nuit, donc pas de problèmes qu'on soit là.

Le lendemain matin, 5h55, bam bam bam, coups de clés sur la carrosserie. 
C'est notre vigile, parlant un portugais parfait cette fois-ci, qui nous demande 50 reais, de quoi faire un plein de course en gros, pour avoir "veillé à notre sécurité".
C'est dans ces cas-là que l'on voit si un couple est complice et se fait confiance…
Ni une, ni deux et sans se concerter, Alline a gentiment, mais fermement expliqué au vigile qu'il était hors de question de rentrer dans ce genre de magouille pendant que Mika faisait déjà chauffer le moteur du Combi, qui a eu l'heureuse idée de démarrer du premier coup !  
Dans les 2 heures qui suivaient cet "incident", Mika repassait aux services adminsitratifs pour revalider 3 mois de visa au Brésil.
En racontant notre péripétie plus tard, il nous sera confirmer que Ponta Porã est une zone de contrebande massive, plutôt violente et mal fâmée.

 

Porto Mendes, la douce

Après nos déboires de la veille à Ponta Porã, nous aspirons à un peu plus de tranquilité.
Dieu, s'il en existe un, a dû repérer notre Combi jaune et nous a exaucé.
Mika décide de sortir des sentiers battus et des autoroutes pour longer le fleuve Parana, qui est la frontière naturelle entre le Brésil et le Paraguay.
Après être passés par des pistes de terres, des chemins de cailloux tout en longeant des plantations de tabac, nous arrivons finalement à Porto Mendes.
Or, impossible d'accéder aux berges du fleuve, tout est délimité par le camping de la ville.
La première déception passée, nous décidons de demander à l'accueil du camping où est-ce que nous pourrions trouver un endroit pour passer la fin de journée et la nuit?
"Ici même", nous répond-on. "Nous sommes hors saison, donc tout est ouvert et accessible."
Incroyable, mais vrai… nous nous garons dans ce camping immense et vide. 
Nous avons accès aux douches (chaudes), aux toilettes (propres) et au lavoir (nous commencions à être un peu juste en terme d'habits de rechange).
Nous assistons à un magnifique coucher de soleil, et nous faisons la rencontre de Lauro, le responsable de la cafétéria du camping, un peu désoeuvré et tellement content de voir du monde, qu'il nous offre une portion de frites et un bière… 
Bref, le PARADIS !!

Avec nos expériences et notre méfiance toutes européennes, il nous paraît étrange, voire louche autant de gentillesse.
Et pourtant… Ce Lauro a fait cela sans rien attendre en retour, certainement pour le plaisir d'échanger avec deux français perdus dans son village…
Une belle leçon d'humilité et de gentillesse… 

 

NOZAY

Avant le départ, il y a eu Nozay dans le 44, notre camp de base de départ.

L'endroit choisi en janvier 2013 par Mikaël pour construire "sa" maison, celle qu'il a imaginée de A à Z.

Nozay, c'est aussi le premier sas de décompression pour Alline, qui a quitté Nantes en septembre 2013, sans trop savoir ce qui l'attendait…

Quelques jours après en être partis en mars 2015, il nous semblait important d'en parler un peu ici…
Certains d'entre vous connaissent le lieu, ont vu l'avancement du chantier, y ont particpé parfois.
Pour tous les autres qui en ont simplement entendu parler, voici de quoi il s'agit.

Au départ, il n'y avait rien, une simple carrière, des cailloux, des trous et des arbres…

Nozay châtaignier

Il a fallu se projeter… 

Nozay emplacement maison

Nous avons logé quelques temps dans le garage…

… Pendant que Mikaël travaillait sur le chantier de la maison.

Nous sommes désolés de la qualité des vidéos… Enfin, surtout Alline, Mikaêl lui, vous invite à pencher la tête sur la gauche pour plus de visibilité ! 

Il est encore trop tôt pour dire si nous reviendrons vivre un jour à Nozay…

… mais il est certain que Nozay fait partie du voyage, puisque le voyage commence là où on le rêve!
C'est dans cet environnement que nous avons imaginé ce voyage mais aussi que nous l'avons organisé et pour lequel nous avons également épargné… car oui, étonnament, Nozay offre nettement moins de tentations de consommation que Nantes ou Lyon!

Au revoir !!

 

 

QUEL ITINÉRAIRE ?

Au départ: le rêve.

Ok, c'est super, nous avons envie de voyager, mais quel itinéraire choisir?
Nous nous sommes juste dit que nous voulions faire quelque chose de différent, sortir des sentiers battus, voir autre chose, prendre du bon temps, profiter de la vie…
Mikaël dirait un truc comme "sortir du moule dans lequel la société voudrait nous faire rentrer, parce que je ne me sens pas à ma place dans cette société de m… (censuré)."
Il est vrai que dans nos vies passées nous avons essayé de rentrer dans le "droit chemin" et dans les "bonnes cases", mais ça n'a pas super bien marché, alors nous essayons autre chose.
Et puis lorsque nous parlons de ce projet à nos proches, nous voyons parfois apparaître des étoiles dans leurs yeux … ça nous motive encore plus!

La carte du monde

Pour se faire une idée, nous achetons une carte du monde… et nous collons des gommettes, des post-its sur tous les pays qui nous attirent…
C'est ludique et gratuit et ça a le mérite de poser les choses.
Bonne nouvelle, un semblant d'itinéraire se dessine puisque nous souhaitons à peu près aller dans les mêmes coins du monde…

 

Carte du monde Michelin

 
Gomettes rondes

 

 

 

 

 

 

Le débrief:

  • L'Afrique ne nous intéresse pas ou très peu.
  • L'Europe est facile à faire sur des courts séjours lorsque nous sommes en France
  • La Russie, l'Amérique du Nord et l'Australie, ont été mises de côté parce que trop onéreuses à notre goût… Mais qui sait?!

On fait des petites négociations:

Mikaël: "Ok, on ne va pas au Bouthan, mais on doit aller en Colombie."
Alline: "Bon, si on ne passe pas par les Etats-Unis, on le fera plus tard alors?"

Au final, c'est sûr, notre itinéraire passera:

  • En Amérique latine: Mika veut absolument voir le Machu Pichu et un Bout du Monde. Ce sera donc Uschuaïa, parce que Plogoff en Bretagne, ça le branche moins. De plus, il est impossible pour Alline de passer en Amérique du Sud sans faire découvrir son pays d'origine à Mikaël.
  • En Asie du Sud Est: nous n'y connaissons rien, mais certaines destinations nous font rêver: Bali, Vietnam, Cambodge… Le côté ZEN, la culture, la gastronomie, la richesse et la sagesse de ces pays, bref, nous sommes hyper curieux !

Les premières analyses:

Nous nous apercevons qu'il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu.

  • la météo
  • la géopolitique
  • la situation économique du pays
  • notre situation économique
  • la validité des visasles événements auxquels nous voulons assister et ceux que nous voulons fuir absolument !