Archives par mot-clé : géographie

Pérou, suite et fin !

Après la vallée Sacrée, nous décidons de rejoindre l'Océan Pacifique et emprunter la mythique Route Panaméricaine direction le Chili.
Ce que nous n'avions pas du tout imaginé, c'est qu'une fois passée la Vallée Sacrée si verdoyante nous traverserions encore autant de paysages différents!

 

Nasca: une zone de désert mystérieuse

Alline tenait absolument à aller à Nasca pour découvrir les fameuses mystérieuses lignes.
Impossible de vous conter ici les différentes théories sur les lignes de Nasca. 
Ce que l'on sait, c'est que lorsque l'on survole cette zone désertique, il est possible de voir des formes symétriques, régulières et immenses d'animaux, de plantes et autres symboles importants pour ces anciens peuples.
Nous avons mis de côté l'option de survoler ces lignes, car complètement hors de notre budget !
En revanche nous avons trouvé un super bon plan, nous sommes allés au planétarium Maria Reiche, la chercheuse allemande qui a étudié ces lignes, et nous avons eu le droit à une conférence en français qui nous a tout expliqué sur le sujet.
Cadeau Bonus de cette visite, un petit cours d'astronomie, avec découverte de la grande ourse (mais à l'envers), de la constellation du scorpion (immense) et de la lune !!!
Merci à Mario Proulx qui m'a autorisé à publier ses photos de la lune !

Marcona: Youpi le Pacifique !

Après 3 mois sans avoir vu la mer, nous étions très impatients de la revoir.
C'est un peu par hasard que nous sommes arrivés à Marcona, une drôle de ville qui existe depuis moins de 100 ans, dont l'activité principale est l'extraction de cuivre… 
Au bord de l'eau un trésor: la réserve naturelle de Punta San Juan.
Nous avons eu la possibilité d'entrer dans cette réserve naturelle et d'observer au plus près des otaries, des phoques, des oiseaux et… des pingouins !!!

Nous avons pris conscience de la route parcourue… en quelques mois, nous avons réalisé un peu plus de 10000 kilomètres et nous sommes de l'autre côté du continent américain!

 
En quittant Marcona, nous empruntons enfin la fameuse panaméricaine !

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Comme c'est une route tout droite, Mikaël propose à Alline de conduire un peu Combito… Cette expérience ne durera que 5 minutes, le temps de "tomber" sur un autre Combi qui s'appelle Carlos ou Carlito avec dedans, Ludo et Amélie.
Comme dans la chanson, ils remontaient vers le nord et nous nous allions vers le sud…
On discute, on discute, on se trouve plein de points communs, on rigole, le temps passe, et hop voila comment passer plusieurs heures sur le bord de la route à refaire le monde…
Le voyage c'est aussi des rencontres magiques comme celle-ci! 

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Canyon de Colca: Le vol du Condor ! 

En quelques jours, nous avons donc revu la mer, le désert, ne nous manquaient que la campagne et la montagne.
Nous avons été servis en passant par le Canyon de Colca.
Comme nous n'aimons pas prendre 2 fois la même route, nous n'avons pas pris le chemin le plus simple pour arriver au Canyon. 
En fait, nous avons même un peu fait souffrir Combito avec encore une journée de route en tôle ondulée (terre, gravier etc)… Cela nous a rappelé quelques souvenirs de Bolivie…

Le canyon de Colca, c'est une des plus grandes failles du monde. Et c'est vrai que c'est impressionnant!
Tout le monde en parle car c'est à cet endroit là que l'on peut assister au fameux vol du Condor ! 
Le condor, autre animal fétiche du Pérou, en voie de disparition. 
Nous avons eu la chance de les voir, de bon matin sous un grand soleil et seuls au monde… Un vrai moment de poésie !

C'est une pâle imitation du générique original, mais pour nous c'était vraiment un chouette moment !!

En redescendant dans la vallée, nous avons eu la chance d'assister à la fête des semis de Chivay, avec une explication dans les règles par Dany, rencontré sur place !

Un dernier effort avant Arequipa !

Dernière ville avant le Chili, Arequipa.
Sauf que pour y arriver, il a fallu encore une petite aventure pour Combito et pour nous.
Nous étions tellement contents il y a quelques semaines d'avoir passé le cap de 4000 mètres… Nous étions très loin de penser que pour quitter le canyon il nous faudrait passer 4910 mètres !
Combito, Alline et Mika (par ordre de fatigue) ont réussi ce dernier petit challenge. 
Le temps de construire un Cairn (le plus grand, le plus haut et le plus fort bien sûr) et de prendre quelques photos, nous revoici sur la route.

Nous croiserons à plusieurs reprises le même 4×4 aménagé. A l'intérieur des touristes italiens, Giorgio et Cristina, que nous retrouverons au camping à Arequipa et avec qui nous passerons de vrais moments de fous-rires dans une langue mélangeant l'anglais, l'italien, le français, le portugais et l'espagnol !

La suite de nos aventures… c'est au Chili !

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La Vallée Sacrée et le Machu Picchu

Lors de la préparation de notre voyage, ce qui revenait le plus souvent dans nos projets, c'était la Vallée Sacrée et le Machu Picchu.
Ainsi lorsque nous nous sommes retrouvés à Cusco pour préparer ce périple, nous étions très excités!

Cusco c'est le passage obligé et la base de départ pour tous les touristes et voyageurs qui souhaitent visiter ces lieux.
Dans les faits, le ministère du Tourisme péruvien a centralisé à Cusco les organismes qui vendent les tickets pour la Vallée Sacrée et le Machu Picchu.
C'est peut-être un peu normal et en tous cas pratique, car en plus d'être une ville que nous avons apprécié, Cusco, ex-capitale de l'ancien empire Inca se trouve au début de la Vallée Sacrée.
 

La Vallée Sacrée:

Il existe un passe touristique pour visiter la Vallée Sacrée, le "boleto turistco". Il donne accès à une liste de 15 points d'intérêts: des sites archéologiques, des musées ainsi qu'une soirée folklorique (au sens propre du terme!).
Le boleto est valable pendant 10 jours consécutifs et il est impossible de visiter certains sites autrement que par ce système. Prix du Boleto: 130 Soles, soit 36 euros.
Alors oui, c'est verrouillé et c'est agaçant, mais comme cela fonctionne très bien et que cela en vaut la peine, nous n'avons pas râlé trop longtemps…
Cette stratégie de développement est assez intéressante pour ceux qui ont le temps, peut-être un peu moins pour ceux qui sont pressés… ça tombe bien du temps, nous en avons !
Il existe également des formules sur 2 jours, mais financièrement, nous n'avons pas trouvé cela très intéressant, en relation à l'offre du Boleto de 10 jours…

 

Très difficile de condenser dans un article 10 jours de visite de sites archéologiques.

Parfois, en plaisantant et en arrivant sur un site, nous nous disions "Bon, ben, encore des cailloux!!"… Pure ironie de notre part, car dans les faits, c'est vraiment très étonnant et intéressant!
Ceux que les colons espagnols ont mené à l'esclavage étaient extrêmmement en avance sur des domaines aussi variés que l'agriculture (essais de semences et irrigation en haute montagne), l'architecture, l'écologie et même… l'astronomie
 

Donc voici notre top 5 des sites que nous avons vraiment adoré:

5 : Le lac de Piuray et le site archéologique de Moray
4 : Ollantaytambo
3 : Les salineras de Maras
2 : Pisaq
1 : Le Machu Picchu

Le Machu Picchu:

Le Machu Picchu, c'est encore une autre histoire, c'est un monument à part entière, dont le prix de l'entrée est égal au prix du Boleto 10 jours!
Comme il s'agit d'une des 7 merveilles du monde… nous avons, là aussi arrêté de râler… et réservé notre billet pour le 21 août 2015!
Il existe plusieurs formules et plusieurs façons d'arriver au Machu Picchu, nous avons choisi une des plus économiques: le p'tit Combi et… nos jambes!
Cependant, l'offre est très complète, il est possible de prendre le train, des bus, de faire des treks, il y en a pour tous les goûts.
Contrairement à ce qui se dit un peu partout, il est tout a fait possible d'acheter son billet pour le Machu Picchu le jour-même et sur place.

Nous, nous n'avions pas eu cette information au moment de notre achat. Nous avons,comme beaucoup de monde, joué la sécurité en réservant à l'avance la visite du Machu Picchu…
Un peu trop à l'avance même, car dans le feu de l'acion, Mika s'est trompé dans le calcul des dates, Alline n'a pas relevé…
Et voila comment nous nous sommes retrouvés avec 8 jours de battement entre le dernier site de la Vallée Sacrée et le fameux Machu Picchu !

Pour accéder à la Vieille (Machu) Montagne (Picchu), nous avons bivouaqué à la station Hydroelectrica, sur le parking d'un particulier!
Réveil au petit matin pour un départ à 5h30, afin de suivre le chemin de la voie ferrée avec pour objectif de rallier le sommet du Machu Picchu le plus tôt possible.
Nous avons ainsi enchainé les 10 kilomètres de la voie ferrée, puis l'ascension du Machu Picchu – 1000 mètres de dénivellé tout de même! – pour arriver sur le site à 9h, soit une petite heure après l'ouverture des portes.
Pas encore trop de monde, un ciel dégagé, la douce sensation de voir un rêve se réaliser pour Mika et de s'être dépassée pour Alline… QUE DU BONHEUR !

… Et pour revenir aux 8 jours imprévus sur notre planning…

Nous nous sommes installés dans un camping à Santa Teresa, le dernier village avant le Machu Picchu.
Nous avons profité de ce temps pour effectuer quelques révisions sur Combito (P'tit Combi en espagnol), rédiger un article pour le site, ranger Combito, faire des lessives, en bref, se remettre à jour dans notre vie quotidienne !

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Ce que nous n'avions pas prévu: les retrouvailles avec les moustiques!!!
A Santa Teresa, nous sommes quasiment sur les mêmes latitudes qu'au Brésil, donc même végétation, même chaleur… et mêmes moustiques, bien que ceux-là avaient encore plus faim !
A la fin de la 1ère journée, nous avions chacun une centaine de piqûres sur le corps, et 15 jours après, cela nous démangeait encore !!

Autre mésaventure, plus rigolote celle-ci, c'est que dans ce camping se refait tous les soirs la même soirée, avec les mêmes musiques pour les "jeunes"… De Rihanna à David Guetta en passant par la Bamba et la Macarena…
Au bout de 3 nuits, nous avons déclaré forfait et quitté ce camping pour partir bivouaquer sur le parking des piscines naturelles d'eau chaude de Cocalmayo, non loin de là.
Nous avons ainsi lézardé pendant 4 jours, dans les piscines avec une eau entre 38 et 42 degrés, nichées dans les montagnes et sous un soleil de plomb.
La clé du succès, c'est d'en profiter juste avant que TOUS les randonneurs de la vallée viennent s'y délasser (et s'y laver) en fin de journée!

Ces piscines naturelles sont un peu comme les bains publics du pays, car les locaux commes les hôtels, n'ont pas systématiquement l'eau chaude…

PS: le petit bonus auquel nous n'avons pas résisté (enfin surtout Alline!), le tampon du Macchu Pichu dans le passeport !

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Arriver jusqu’à Cusco, c’est pas le Pérou!

Après quelques jours totalement décontractants et décontractés à Copacabana, nous reprenons la route, avec plaisir.
Objectif, sortir dans les meilleures conditions de la ville avant la fête de la Vierge de Copacabana le 5 août, où il y a une recrudescence de boliviens, mais aussi et surtout de péruviens qui viennent pour fare bénir leur voiture et faire la fête…

Nous faisons bien d'anticiper, car même en partant de bonne heure, les formalités douanières nous prendront pas loin de 3 heures… et une bonne dose de stress !
En effet:
– Les boliviens tout comme les péruviens ne SAVENT PAS faire la queue, ils se mettent en tas et jouent des coudes.
– Les péruviens s'énervent que les boliviens n'aillent pas assez vite et réciproquement.
– Nous avons été les acteurs principaux d'un sketch anthologique dans le bureau du directeur de la douane péruvienne…

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Le sketche de la douane péruvienne:

Il faut savoir que lorsque nous changeons de pays, nous devons systématiquement nous déclarer aux frontières en tant que personnes, avec le cachet qui va bien sur le passeport.
Nous devons également déclarer la sortie, puis l'entrée de notre p'tit Combi aux douanes.
Généralement cela se passe plutôt bien car nous bénéficions d'un certain capital sympathie/étonnement/compassion pour notre "casita a rodas" (notre petite maison à roulettes)…

Aujourd'hui, cela devait se passer différemment…
Nous faisons la queue comme tout le monde pour le bureau de la douane des véhicules, les douaniers font rentrer les gens par paquets de dix dans le bureau et les répartissent ensuite.

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Nous ne passons pas inaperçus, au milieu de la foule de péruviens, plutôt petits et mats de peau, ce qui fait que l'on nous indique directement le porte du bureau du colonel, que nous découvrons bien gras dans son uniforme et derrière son bureau.
Mikaël est ravi que l'on passe les premiers, on gagne du temps. 
Alline se méfie un peu plus et présente tous les documents dont elle dispose pour le véhicule:
– Permis de conduire international
– Acte de propriété du véhicule
– Assurance du véhicule

Le colonel nous demande l'assurance du véhicule, Alline lui présente à nouveau le document, en lui en faisant la traduction, puisque celui dont elle dispose est écrit en portugais.
Mais non, cela ne lui convient pas. Le colonel commence à nous donner du "Mios caros amigos estranjeiros (mes chers amis étrangers)" et se lance dans une longue diatribe pour nous expliquer qu'au Pérou, il faut prendre une assurance spéciale pour pouvoir rentrer dans le pays avec un véhicule et qu'elle coûte la modique somme de 50 US$… 
N'ayant vu cette information nulle part, Alline lui demande de lui montrer le document officiel indiquant cette "obligation".
Mikaël, sentant que le ton monte et que la situation ne se déroule pas comme d'habitude commence à hausser le ton en articulant très distinctement "policia touristica" et "ambassade de Francia"…

Soudainement excédé et jouant la carte de l'intimidation, le directeur nous met littéralement dehors de son bureau: nous sommes punis, nous n'avons pas le droit de sortir du bâtiment!
Il fait passer tout le monde avant nous, nous laissant poirauter un bon quart d'heure, avant de revenir vers nous tout miel, nous demandant si nous étions calmés et nous inviter à retourner dans son bureau.
Le même dialogue de sourds reprend, nous n'allons pas payer quelque chose que nous avons déjà, sauf si c'est obligatoire, auquel cas, nous en souhaitons la preuve.
Devant notre air déterminé (buté?), il finit par se saisir de son crayon et commence à rédiger à la main, avec une lenteur inouïe le formulaire qui nous permettra de rentrer le P'tit Combi au Pérou.

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C'est à ce moment là que nous avisons le sigle de la Police péruvienne juste derrière lui.
Leur devise: "Honneur, Sacrifice, Honnêteté"
Mikaël l'indique à Alline du menton, qui le lui lit en espagnol, puis lui traduit en français à voix haute.
Le directeur relève la tête et explose d'un rire tout aussi gras que lui…
Tout s'est finalement bien passé et Mikaël lui a même serré la main en partant.

Quelques kilomètres plus loin, contrôle de police. On nous redemande la même chose. Nous ne nous démontons pas et expliquons que leurs collègues des douanes ont validé notre entrée avec le document que nous lui présentons…
Après quelques minutes d'échanges, le policier nous laisse filer.

Au final, nous nous savons pas si tout cela est obligatoire ou pas… 
Nous décidons de suivre le conseil donné par un douanier brésilien quelques semaines plus tôt : 
"Si l'autorité responsbale vous a laissé passer alors que vous n'êtes pas en règle, ce n'est pas vous qui êtes en faute, c'est l'autorité".
Nous ne saurons pas si cette asurance était réellement obligatoire, mais nous savons que nous avons été autorisés à circuler par deux fois de cette manière…
C'est un cas de jurisprudence à ce stade, non?!

Bienvenue à Cusco !

A partir de là, nous avons suivi notre route sans encombres jusqu'à Cusco, point de départ de la Vallée Sacrée de Incas, Capitale des Incas et donc du monde selon eux.
Cusco, encore une ville à plus de 3000 mètres d'altitude, nichée au milieu des Andes, un chouette mélange de la culture inca et espagnole, superbement conservée.
Il règne à Cusco une ambiance cosmopolite, le flux de touristes y est assez important, puisque c'est l'étape quasi obligatoire pour acheter ses billets pour la visite du Machu Pichu.
Et dans un même temps, il n'est pas rare de croiser des mamitas converser en quechua, la langue indigène du Pérou (et la marque par laquelle on reconnait les Français en voyage)

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Le mélange européen/inca est plutôt bien réussi à Cusco et c'est une ville que nous avons vraiment appréciée…
En effet, à l'inverse de la Bolivie, le tourisme est très bien organisé au Pérou et de fait, tout paraît simple à Cusco… sauf le transit, mais cela c'est une autre histoire !
Au fur et à mesure des rencontres, nous avons trouvé une aire de stationnement sécurisée à quelques pas du centre névralgique de la ville, la Plaza de Armas.

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Cela nous a permis de passer 3 jours tous tranquilles en plein centre ville, sans être inquiétés de laisser le P'tit Combi tout seul toute la journée.
Nous avons ainsi déambulé, dans les montées et les descentes de la ville, en se laissant porter par nos envies, souvent plus culinaires que touristiques, il faut bien l'avouer !

 

PS: Aucun Cuy (prononcez "Couille", on vous entend déjà ricaner d'ici) n'a été mangé à Cusco, même si c'est une des spécialités du coin… 
PS2: Cuy = Cochon d'Inde !!!!!

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Copa, Copacabana

Rien a voir avec la grande et célèbre plage de Rio de Janeiro au Brésil, nous en parlerons plus tard dans notre périple…

Non, la Copacabana dont nous vous parlons aujourd'hui est celle que nous avons rencontrée au bord du lac Titicaca, entourée des somptueuses Andes et… sous un soleil de plomb.
Copacabana, c'est la dernère ville bolivienne avant la frontière péruvienne.
Copacabana, c'est aussi l'endroit où nous avons fait de belles rencontres, pensées amicales à Paul, Marie-Aliette, Coco et Jojo, Jérémie, mais aussi Claude et Olivia.
Enfin, Copacabana serait un lieu porte-bonheur, pour les boliviens et les péruviens…

Prendre le temps

La vie paraît douce et tranquille à Copacabana, donc pour la première fois depuis notre départ, nous décidons de PRENDRE LE TEMPS.
Nous nous retrouvons face à la mer… pardon, devant le lac Titicaca qui est super impressionnant: avec ses 8300 km² d'eau bleue cristalline, nous n'en voyons même pas le bout !
Pour nous qui arrivons du froid d'Uyuni, quel bonheur de se retrouver en t-shirt et en tongs à faire bronzette… 
Pas de baignade au programme, seuls les courageux (Mikaël donc) se risqueront a faire trempette 5 minutes maximum, dans une eau à 13-14 degrés !!

En face de Copacabana, se trouve l'Isla del Sol, l'île du Soleil.

Selon la légende, à l'époque où les hommes vivaient encore comme des animaux, le dieu Soleil  aurait envoyé sur cette île les 2 premiers Incas: Manco Capac et Mama Ocllo.
Ces Incas auraient reçu comme 1ère mission d'éclairer les hommes, en leur apportant le savoir-faire et les connaissances de la mère terre nourricière, connue par tous ici sous le nom de "Pachamama".
La 2ème mission était de marcher vers le nord afin d'établir un empire de paix… c'est comme cela que Manco Capac, 1er souverain inca est arrivé dans ce qui sera Cusco, en fit la capitale et… le centre du monde, rien que ça !
Mais tout cela est une autre histoire…

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Revenons à notre île du Soleil, nous décidons de partir en excursion, comme tous les touristes présents…
Au programme un voyage en bateau de 2 heures jusqu'à l'île pour ensuite enchaîner sur une petite marche de 4 heures.
L'idée: traverser l'île du Nord au Sud, avec des montées, des descentes et des… péages ! 
Oui, vous avez bien lu, des péages !!!
En fait l'île est exploitée par des communautés natives et nous payons des droits de passage à différents endroits de la randonnée… sinon, bien sûr, nous pouvons faire demi-tour!! 
Nous n'étions pas au courant, cela a mutliplié notre budget par deux, de fait, nous n'avons que moyennement apprécié la blague…
Mais bon, comme il paraît que l'on aide à construire des hôtels, pardon des écoles, avec notre contribution…
Heureusement, la promenade et les paysages nous ont littéralement coupé le souffle, au sens propre (les montées à 4000 mètres) comme au figuré (parce que vraiment c'était superbe)!

Notre séjour s'est déroulé à proximité du camping collaboratif, écologique et permaculture tenu par une jeune femme de la tribu Aimara, répondant au prénom de Libertad, "Liberté" en français.
Libertad sort un peu du cliché de la femme bolivienne, elle a la trentaine, n'est pas mariée, n'a pas d'enfant, a fait des études supérieures d'agro-écologie…
En plus de cela, elle a fait le voeu pieux d'éduquer son prochain aux problématiques écologiques
Un soir, sur un coup de tête, elle nous invite ainsi que Nicole, rencontrée au bord du lac, à aller voir le "bain inca" une source d'eau, au milieu des bois, en dehors de la ville.
Bien entendu, nous avons offert un peu de bière à Pachamama pour la remercier de ce moment… et nous avons trinqué à sa santé!
Pour remercier Libertad, nous lui avons proposé en retour notre aide, c'est avec plaisir qu'elle nous a confié la… corvée de toilettes sèches ! 
N'est pas un héros de l'écologie qui veut ! 

Quelques jours plus tard, nous avons compris l'aspect porte-bonheur de la ville…
Le samedi, en partant nous promener, nous découvrons de gros bouchons dans la ville.
Les gens sont au milieu des routes s'affairent autour de leur voiture, les lavent, les lustrent, pour ensuite les décorer avant de passer devant la cathédrale…
Et devant la cathédrale, des confettis, des pétards, de la bière renversée… Et les voitures qui ressortent dans un état !!

Mais que se passe-t-il?

Information prise auprès d'une petite mamita du coin, nous comprenons, que les boliviens (et les péruviens) viennent – parfois de très loin – pour faire bénir leur voitures…
Bénir leur voiture? Faire des voeux? OK, allons voir cela de plus près… 
En fait, ces cérémonies sont un mélange de catholicisme et de rites incas… il y a en vrac, des signes de croix, de l'encens, des confettis, des offrandes de bière à la Pachamama. 
Ils bénissent les voitures, mais cela marche aussi avec les demandes d'argent, de maisons, d'hôtels (le tourisme se développe en Bolivie), et toutes autres types de demandes… 
Mais quand même, la spécialité de Copacabana, c'est la bénédiction des voitures…

Nous, ce que nous aurons retenu, c'est que c'est un vrai spectacle, assez coloré, très bruyant et surtout une belle occasion de boire des coups en famille et en ville.
Petit bémol, il est quand même bien dommage qu'ils n'aient pas encore la conscience de la préservation de l'environnement, parce que leur passage au bord du lac laisse des traces.
Au cours de nos promenades, nous aurons spontanément ramassé l'équivalent de 200 litres de déchets sur la plage…

Et pour ceux qui se demandent,

pas de bénédiction pour le P'tit Combi… Ce n'est pas l'envie qui a manqué (surtout à Alline), mais nous avons été raisonnables (surtout Mikaël)…
Cependant, il se trouve qu'en quittant Copacabana… sur la route du départ, Dieu, Pachamama, le vent ou juste le hasard nous a offert un p'tit chapeau, de la même couleur que le P'tit Combi ! 

 

4 villes 4 ambiances

Ces derniers jours, nous avons été frappés par le contraste que nous a offert les villes que nous avons traversées.

Brasilia la nouvelle capitale futuriste rêvée.

Brasilia, c'est la capitale politique et administrative du Brésil.
C'est une des capitales les plus récemment construites au monde mais aussi l’une des villes les plus rapidement bâties, en 2000 jours, dans les années 60.
L'idée pour décentraliser les villes de Rio de Janeiro et São Paulo tout en faisant vivre le centre du Brésil, particulièrement pauvre et déserté à l'époque.
Il a donc été fait appel à plusieurs architectes de l'époque, dont un certain Oscar Niemeyer…

Vue du ciel, la conception de Brasilia évoque la forme d’un avion.
Chacune de ses conceptions architecturales sont stratégiquement disposées le long de l’Eixo Monumental (l'Axe Monumental) qui constitue le "fuselage".
Les "ailes" accueillent les zones de blocs résidentiels, les zones hotelières, les zones commerciales, la zone des ambassades, etc…

Brasilia, c'est un musée architectural en plein air, il suffit de se promener le long de l'Eixo Monumental pour voir ce qu'il y a à voir.   
Nous avons pris le parti de visiter Brasilia à pied, en 4 heures, l'équivalent d'une bonne randonnée, car si la ville donne l'impression d'être à plat, elle est en fait en pente douce… pente qui devient une montée lorsqu'il faut rentrer vers notre fidèle Combi!
Mika qui ne raffole pas des villes, s'est malgré tout laissé entraîner dans cette ville où le ciel et l'horizon sont toujours présents, où la circulation est fluide lié aux nombre voies conséquent sur les avenues principales.
Alline de son côté a adoré toute cette organisation, l'idée de créer cette ville et que cela fonctionne, la sensation d'être dans un roman futuriste. 

 

Pirénopolis et Goias, les coloniales

Le lendemain, changement radical d'époque, retour dans les temps passés.
Nous nous sommes déplacés vers Pirénopolis et Goias, ces deux villes ont eu leur moment de faste à l'époque coloniale.
Installées toutes deux en bord de cours d'eau, il se dégage de ces cités une certaine douceur de vivre.
Nous avons la chance de découvrir ces endroits hors saison, car c'est l'hiver ici, même si pour nous, cela ressemble encore et toujours à un été français.
Il n'y a donc dans ces villes pratiquement que les locaux, qui ont l'air relativement déconnectés des tracas de la vie en ville.

 

Ponta Porã, l'étrange ville aux mauvaises ondes

Tout notre périple pour rejoindre sortir du Brésil a pris fin a Ponta Porã.
Ponta Porã, c'est une des dernières villes du Brésil avant le Paraguay.
Notre mission était de valider administrativement la sortie du Brésil et donc l'entrée au Paraguay pour Mika.
Mission réalisée sans trop de problèmes, il est certain qu'un passeport français passe mieux que d'autres.

Nous avons appris très vite que le Paraguay est très pauvre par rapport au Brésil. 
C'est un pays qui n'applique pas de taxes d'importation aussi fortes et a une monnaie plus faible que le Brésil.
La conséquence directe de tout ça est que les brésiliens et autres étrangers ne sont pas très bien vus et encore plus dans les zones frontières, comme Ponta Porã où le défilé est incessant pour ramener des produits de consommation courante ou "de luxe" pour "pas cher".

Nous avons décidé de mettre à profit la fin de journée pour voir cela de nos propres yeux en visitant un de ces mégacentres de la consommation.
Le décalage a été assez impressionnant, pour nous dont la vie tient dans un Combi depuis quelques semaines maintenant…
Nos besoins essentiels se résument à manger, trouver un endroit où dormir et se laver, mettre de l'essence dans le Combi… et de temps en temps trouver du Wifi pour communiquer avec nos proches.
Sur des milliers de mètres carrés on trouve tout ce dont le commun des mortels peut avoir envie de posséder, parce que la télévision, la radio et/ou son voisin lui ont dit qu'il FALLAIT avoir telle ou telle chose.
De l'électroménager au Nutella, en passant par les parfums ou l'alcool, en n'oubliant pas les chaussures, sacs à main, accessoires de camping, articles de décoration et j'en passe…
Un énorme duty-free. Un truc de fou. 

Drôle de décalage quand nous nous sommes mis en quête d'un lieu où garer notre combi pour passer la nuit… 
Généralement nous choisissons les postes d'essence, car là, la douche est offerte à ceux qui font le plein, il y a souvent des vigiles et les routiers sont sympas.
Ce soir-là, impossible de trouver ce type de poste. L'heure avançant, la population en ville devenait nous est apparu moins amicale.
Nous nous rabattons donc sur un poste près d'un supermarché.
Nous discutons difficilement avec le vigile, qui parle un espagnol qui est très loin de celui qu'on apprend au lycée en France.
Nous finissons pas comprendre, parce qu'il se décide à parler portugais (au bout de 20 minutes !!!) que pas de problèmes pour lui, il travaille toute la nuit, donc pas de problèmes qu'on soit là.

Le lendemain matin, 5h55, bam bam bam, coups de clés sur la carrosserie. 
C'est notre vigile, parlant un portugais parfait cette fois-ci, qui nous demande 50 reais, de quoi faire un plein de course en gros, pour avoir "veillé à notre sécurité".
C'est dans ces cas-là que l'on voit si un couple est complice et se fait confiance…
Ni une, ni deux et sans se concerter, Alline a gentiment, mais fermement expliqué au vigile qu'il était hors de question de rentrer dans ce genre de magouille pendant que Mika faisait déjà chauffer le moteur du Combi, qui a eu l'heureuse idée de démarrer du premier coup !  
Dans les 2 heures qui suivaient cet "incident", Mika repassait aux services adminsitratifs pour revalider 3 mois de visa au Brésil.
En racontant notre péripétie plus tard, il nous sera confirmer que Ponta Porã est une zone de contrebande massive, plutôt violente et mal fâmée.

 

Porto Mendes, la douce

Après nos déboires de la veille à Ponta Porã, nous aspirons à un peu plus de tranquilité.
Dieu, s'il en existe un, a dû repérer notre Combi jaune et nous a exaucé.
Mika décide de sortir des sentiers battus et des autoroutes pour longer le fleuve Parana, qui est la frontière naturelle entre le Brésil et le Paraguay.
Après être passés par des pistes de terres, des chemins de cailloux tout en longeant des plantations de tabac, nous arrivons finalement à Porto Mendes.
Or, impossible d'accéder aux berges du fleuve, tout est délimité par le camping de la ville.
La première déception passée, nous décidons de demander à l'accueil du camping où est-ce que nous pourrions trouver un endroit pour passer la fin de journée et la nuit?
"Ici même", nous répond-on. "Nous sommes hors saison, donc tout est ouvert et accessible."
Incroyable, mais vrai… nous nous garons dans ce camping immense et vide. 
Nous avons accès aux douches (chaudes), aux toilettes (propres) et au lavoir (nous commencions à être un peu juste en terme d'habits de rechange).
Nous assistons à un magnifique coucher de soleil, et nous faisons la rencontre de Lauro, le responsable de la cafétéria du camping, un peu désoeuvré et tellement content de voir du monde, qu'il nous offre une portion de frites et un bière… 
Bref, le PARADIS !!

Avec nos expériences et notre méfiance toutes européennes, il nous paraît étrange, voire louche autant de gentillesse.
Et pourtant… Ce Lauro a fait cela sans rien attendre en retour, certainement pour le plaisir d'échanger avec deux français perdus dans son village…
Une belle leçon d'humilité et de gentillesse…