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Araucanie et des amis

Quelques jours après notre passage à Santiago, nous avons rendez-vous avec Dani et Juan Pablo (que l'on surnomme Jupa – Prononcez "Roupa").SAM_0823
Ce sont des amis des VW Brothers, Juan et David, et ils pensent que nous aurons de bons moments à passer ensemble.
Partant du principe que "les amis de mes amis sont mes amis", nous nous retrouvons à Victoria, au coeur de la 9ème région du Chili: l'Araucanie.

En Araucanie, nous apprenons l'existence des Indiens Mapuches…

(prononcez "Mapoutché" = peuple de la terre), les premiers habitants de cette région.
Comme bien souvent dans l'histoire des peuples natifs d'Amérique, les Mapuches ont été persécutés, massacrés et dépossédés de leur terre…
Pourtant, c'étaient de redoutables guerriers venus des Andes chiliennes et argentines, ainsi que de très bons chasseurs, éleveurs et agriculteurs, respectueux de leur environnement… 
Ils ont résisté aux espagnols, puis aux chiliens, jusque dans le début du XXème siècle…
Aujourd'hui, en Araucanie, les Mapuches sont encore majoritaires, leur langue, le mapudungun est à présent enseignée dans les écoles. Drapeau Mapuche

Une des histoires que nous avons entendu et qui nous a plu est celle du français qui était devenu roi d'Araucanie.
Daniel, avec qui nous avions fait la fête à Valparaiso et qui est accessoirement professeur d'histoire nous l'avait raconté…

"En 1860, Orélie-Antoine de Tounens, un avoué originaire du Périgord, débarque en Araucanie, où il est rapidement porté en triomphe par les Indiens, qui voient en lui le sauveur qui les libérera des exactions chiliennes. 
Le 20 novembre 1860, il est proclamé roi d'Araucanie et de Patagonie : deux ans plus tard, il est expulsé et rapatrié en France. 
Là-bas, il continue son combat en lançant une souscription qui ne rencontre que les moqueries de la presse française. 
Ayant néanmoins tenté à plusieurs reprises de regagner son royaume, il sera expulsé à chaque fois par les autorités chiliennes ou argentines et mourra à Tourtoirac (Dordogne) en 1878."
(Merci Wikipédia pour ce très bon résumé)

Mais… revenons à Dani et Jupa.

Comme nous, ils voyagent en Combi. Le leur s'appelle Amunche (Prononcez : Amountché, qui veut dire "le voyageur").
Amunche est un respectable Combi chilien, né dans les années 80, parfaitement entretenu et transformé par ses propriétaires.

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D'ailleurs, depuis que Mika l'a vu, il ne pense plus qu'à une seule chose: refaire une beauté à Combito!!

SAM_1051Dani et Jupa sont chiliens et leur métier, en plus d'être voyageurs, c'est la production vidéo et internet, auxquels ils ajoutent les cartes de webmasters, photographes et écrivains.
Leur projet s'intitule "Nosotros los Chilenos" (Nous, les Chiliens) qui se tranforme petit à petit en "Nosotros los Viajeros" (Nous les Voyageurs).
Dans leur série Web, ils parlent des chiliens et chiliennes qui ont souhaité donner une nouvelle orientation à leur vie, qui sont passés à l'action et qui sont finalement heureux au quotidien… En bref, des personnes qui pensent que tout est possible si l'on s'en donne les moyens…
Ils parcourent leur pays en Combi, à la recherche de témoignages et donc, de belles rencontres.

Après quelques instants de conversation, nous nous apercevons que nous avons quasiment le même plan de route pour les prochains jours.
Sans se poser trop de questions, nous décidons de faire cette route ensemble… 
Pour nous, ce n'est que du bonheur, Amunche prend la tête du convoi, et Combito se laisse porter par son rythme.
Mika n'a quasiment pas à gérer la conduite, Alline n'a pas besoin de faire le copilote et traducteur, Dani et Jupa nous prennent amicalement en main.

Nous faisons sensation…

Un combi jaune ne passe pas inaperçu, un combi bleu non plus…
Alors… quand les deux roulent ensemble, nous vous laissons imaginer.

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Alline a grandement perfectionné son côté Miss France / Reine d'Angleterre en répondant aux bonjours, salutations et sourires des personnes que nous croisions !

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Avec Dani et Jupa, nous découvrons le Chili que nous étions venus chercher, le Chili sauvage, de la nature, avec ses forêts, ses lacs et… ses volcans !
Nous allons ainsi parcourir la région Araucanie, en sortant des sentiers battus et de la ruta 5 (la Panaméricaine) toujours en se laissant porter par nos intuitions respectives, des bons moments en toute simplicité.

Notre premier volcan, c'est le Lonquimay, l'occasion de marcher dans la neige,, mais aussi dans des champs de lave et de faire de la luge en sac poubelle.

Suivra ensuite le majestueux Volcan Villarica, toujours en activité!

Ce que nous apprendrons de Dany et Jupa, c'est qu'il faut RA-LEN-TIR !!

Ils nous incitent à prendre notre temps, à profiter toujours plus des beaux endroits que nous traversons, à faire de chaque moment une fête…

Nous échangerons énormément sur notre statut de voyageur, sur ce que cela nous apportait de mener cette vie, sur nos moments de doutes et de joie etc…

Ralentir, oui mais nous n'avons pas assez de temps !

Très vite, nous prenons conscience que notre visa de 3 mois pour parcourir le Chili ne sera pas suffisant, il nous faudra tenter le renouveler en passant par l'Argentine toute proche !
Quelque soit le pays, les douaniers sont toujours dubitatifs quand ils nous voient débarquer avec Combito, habillés n'importe comment, pas toujours frais… et avec un grand sourire de premiers de la classe aux lèvres…

Quand on leur explique ce qui nous arrive:
– Voila, on vient voir parce que nous n'avons vraiment pas assez de temps pour visiter tout le Chili en Combi"
–  Ah, mais ce n'est pas notre problème ça… pour renouveler votre visa, il faut faire SAM_1173une demande et payer… cela ne se passe pas comme ça, il faut respecter les règles"…
– Oui, bien sûr monsieur, mais nous, parcourir le Chili, c'est notre rêve !

Au bout de quelques minutes de gentille morale, ils nous envoient en Argentine.
– OK, donc, on y va, on revient et on a un nouveau visa?!
– Non… vous allez là-bas, vous pique-niquez, vous faites ce que vous voulez, mais revenez dans AU MOINS quelques heures!!

C'est ainsi que nous avons obtenu le droit de revenir sur le sol chilien, avec des nouveaux tampons sur notre passeport et donc 90 jours de plus à notre compteur de visite !

Et la suite?

Au bout de 10 jours passés ensemble, nous mettons fin à notre mini Road Trip… Dani et Jupa ont du travail à Villarica et nous, nous devons continuer notre route vers le sud ! Cependant, nous nous faisons la promesse de nous retrouver très vite, pour se raconter nos aventures respectives…

… Quelques semaines plus tard, nous recevons un message de Dani.
Elle a décroché un contrat en tant que rédactrice web pour un site humouristique, comme Topito ou Démotivateur…
Un des ses premiers articles s'intitule :

14 RAISONS POUR LESQUELLES VOUS NE DEVRIEZ JAMAIS FAIRE UN LONG VOYAGE EN COMBI 

Et devinez qui apparaît dans cet article ?! C'est nooooous!! C'est le début de la célébrité !!
Comme nous sommes sympas, nous vous remettons la traduction de ces 14 raisons…

1. Imaginez voyager, se garer n'importe où et dire que cet endroit est votre maison. Quel genre de vie est-ce? Vous n'êtes pas un escargot avec sa maison sur son dos!

2. Comment?! Les Combis roulent à une moyenne de 70 kilomètres par heure? Qui, en étant sain d'esprit peut prendre le temps de profiter du paysage et de la vie, de l'instant présent?

3. Ils ont cessé d'être produits depuis un certain temps, ce qui signifie qu'ils sont pièces de collection, icône de l'ère hippie, de liberté et d'aventure. Mmm, et si vous n'étiez pas à la hauteur de vivre dans un de ces morceaux de l'histoire en marche?

4. En outre, vous n'êtes pas émotionnellement prêt à ajouter un autre membre à votre famille. Il y a certains propriétaires qui les ont baptisés avec un nom, connaissent leur âge et leur nationalité, se rappelent des meilleures histoires ensemble, et estiment que leur Combi n'est pas un simple moyen de transport, mais a sa propre âme. Il vaut mieux vivre entouré par des objets sans signification, non?

5. Rencontrer les sourires et les salutations de personnes dans chaque lieu que vous visitez? S'il vous plaît! Vous ne voulez pas voyager et répandre la joie, sans parler de nouer des amitiés avec des étrangers!

6. Aider d'autres voyageurs? Transporter plus de personnes, y compris leurs valises ou sacs à dos? Vous préférez ne pas prouver que la joie est plus grande quand elle est partagée.

7. Vous courez le risque de vous habituer à ce qu'on vous offre de la nourriture, un logement ou une assistance mécanique … Et si après vous offrez cette même solidarité à quelqu'un? Qui a besoin de faire partie d'une communauté "fraîche" avec une présence mondiale?

8. Il peut arriver que vous tombiez en panne d'essence, qu'un pneu éclate, ou que la route soit coupée par la pluie … Vous pouvez bien sûr rester avec ces craintes enfermés à la maison. Ou alors, vous allez sur la route et développez votre créativité et votre courage pour faire face aux problèmes possibles.

9. Vous nous voulez pas tester vos capacités à apprendre en mécanique, en cuisine ou en vie à l'extérieur. Mieux vaut que ce soient des experts qui s'occupent de ces choses-là: vous n'êtes pas partisan d'acquérir de nouvelles compétences utiles.

10. "Une mécanique simple et des pièces de rechange économiques"? Vous pouvez non seulement trouver des pièces de rechange pour une camionnette des années 60 et cela, partout dans le monde … Il serait donc facile de faire des maintenances soi-même? Cela semble trop beau pour être vrai …

11. Apprendre à vivre avec moins? Vivre une vie simple, pleine et heureuse avec toute votre vie qui tient dans un Combi, cela sonne bien … Mais que faire si nous ne voulons pas retourner à une vie de dépensens inutiles, la dépendance et peu de liberté?

12. Certains voyageurs en Combi ont réussi à adapter dans cet espace leur maison ou leur bureau: faire de la musique, créer des vidéos, des pages Web, des vêtements ou même des prothèses dentaires. D'autres voyageurs vendent de la nourriture, de l'artisanat, des cartes postales et des photos … Mais vous ne pouvez pas vous permettre d'oser rêver d'un emploi qui vous permettra de vous amuser et de voyager: Cela n'est que pour quelques privilégiés.

13. Briser la routine: Qui en a besoin? Est-ce que vraiment vous aimeriez vous réveiller chaque jour dans de différents endroits, disposer de votre propre temps, vous consacrer à votre passion?

14. Beaucoup de gens aiment la vie de voyage en Combi et parcourent le monde avec eux. Vous ne voulez pas risquer de savoir s'il est vrai qu'un long voyage en Combi est la meilleure expérience que vous pourriez avoir. Trop de bonnes choses vous attendent dans le chemin!

(Par Dani PAZ IBACETA)


Ah oui, nous allions oublier… 

Carte de voeux sensé avec 2 ailes.

Santiago

Lors de notre séjour à Copacabana en Bolivie, nous avons fait la connaissance de Michel, Ana Elena, Lucien et Chloé leurs enfants.
Ils s'étaient arrêtés près de notre bivouac et nous leur avions alors proposé notre spécialité du moment: une infusion à base de gingembre et de feuilles de coca.
En quelques heures, nous avions appris qu'eux aussi avaient pas mal voyagé… le plus pittoresque de leur voyage à nos yeux étant sans aucun doute celui qu'ils ont réalisé… en 2CV… en Afrique !
Nous nous sommes quittés, en échangeant nos coordonnées et la belle Ana Elena nous avait dit en nous faisant un clin d'oeil:

"Si vous passez à Santiago et que vous avez besoin d'une douche ou de faire des lessives, passez nous voir… On a été voyageurs, on sait ce que c'est!"

2 mois plus tard, nous voici à l'approche de Santiago car nous avons besoin d'une pièce pour Combito, ça faisait longtemps… nous savons pertinemment que si nous ne la trouvons pas à Santiago, nous ne la trouverons nulle part!

Oui, mais voila, Santiago, pour ceux qui ne le savent pas, c'est la capitale du Chili!

Pour des gens qui s'étaient jurés de ne plus retourner dans les grandes villes avec Combito, on repassera…

C'est au cours de toutes ces réflexions que nous repensons à Ana et Michel… Nous leur evoyons un mail leur demandant si leur proposition bolivienne tient toujours et si il y a une solution pour garder Combito à l'abri?
Leur réponse est 100% positive, nous sommes super contents: nous allons pouvoir joindre l'utile à l'agréable à Santiago.

Ana et Michel nous reçoivent comme des princes, nous avons notre propre chambre et une salle de bains rien que pour nous, c'est le luxe absolu !

Nous arrivons en pleine semaine au sein de cette famille qui a un rythme de vie réglé comme une horloge suisse!

  • Michel commence le travail à 5 heures du matin, décalage horaire oblige, car il travaille avec la France.
  • Ana Elena a des engagements qui l'amènent régulièrement à dépasser ses horaires de travail effectifs
  • Les petits sont à l'école et ont leurs petites activités extra-scolaires.
  • Enfin, Ana Virginia, la maman d'Ana Elena veille sur ce petit monde.

De fait, nous nous faisons tous petits pour ne pas perturber cette belle organisation !
Combito étant rangé bien au chaud dans la résidence, Michel nous conduira dans Santiago, à la recherche de la fameuse pièce pour Combito, un porte-moyeux… photo ci-jointe pour ceux qui, comme Alline, ne voyait pas à quoi cela pouvait bien ressembler…
WP_20151020_14_42_19_ProAffaire réglée en quelques heures à peine.

Nous profitons des 2 jours suivants pour visiter la ville qui est plutôt agréable ainsi que le parc Manquihue qui se trouve dans les alentours directs de la ville.

Autres moments privilégiés: les repas bien arrosés, les concours de danse et de chants avec les enfants, concours totalement improvisés et arbitrés par leur grand-mère – qui n'est pas du tout objective, soit dit en passant (Ana Virginia, on vous embrasse très fort !!!) – mais aussi d'échanger sur nos expériences de vie, du monde et du voyage.

Nous sommes heureux d'avoir osé frapper à la porte de Michel et Ana: notre première intuition était bonne et nous espérons vraiment les revoir bientôt !

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Après ces quelques jours d'arrêt à Santiago, nous sommes impatients de reprendre la route et nos habitudes… Car après 5 mois de voyage, Combito, c'est vraiment devenu notre maison!

Notre prochaine destination n'est pas très éloignée de Santiago et très symbolique pour nous deux.

Nous souhaitons visiter les vignes San Pedro, productrices du vin Gato Negro… que nous dégustions lors de nos premiers rendez-vous à Nantes dans le restaurant "Mais où est Bécassine à Nantes"… Ceux qui ont fêté notre départ avec nous sauront tout à fait de quel restaurant nous parlons !
(Manu, Eric, on voulait vous dire qu'on pense souvent à vos moules frites devant nos assiettes de pâtes au thon!)

Après enquête, nous sommes hyper déçus d'apprendre que la vigne du Gato Negro ne peut être visitée, elle est en cours de rénovation…
Le jeune femme du centre d'information touristique, face à notre désarroi nous propose une alternative: si vraiment nous souhaitons visiter une vigne, alors nous pouvons toujours nous rendre aux vignes Miguel Torres. Nous ne connaissons pas, mais elle prononce des mots qui vont nous convaincre instantanément: "développement durable", "socialement responsable", "vin d'origine bio et organique".

Nous ne regrettons pas:

La vigne est parfaitement organisée pour recevoir du public et comme nous sommes hors saison – les vendanges commencent en février au Chili – nous avons droit à une visite guidée rien que pour nous deux.
Ainsi nous déambulerons sur le site et toutes ses infrastructures : des pressoirs en inox gigantesques aux caves de stockages des tonneaux en chêne français (cocorico!) en passant par les vignes (au moins 600 hectares sur cette propriété) Nous aurons également la possibilité d'assister à une présentation vidéo (en français, inespéré!!!) de l'histoire de la famille et nous concluerons cette visite par une dégustation de vin avec notre charmante guide, qui fêtait ce jour-là son anniversaire !

Bref: une belle journée, durant laquelle nous avons pensé à tous nos amis qui aiment le vin et plus particulièrement pour Richard, dont c'est le métier maintenant.
Bilan des courses : notre budget journalier a complètement été massacré ce jour-là, incapables que nous sommes de résister à une belle et bonne dégustation de vin!!

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Par acquis de conscience, nous sommes repassés devant les vignes du Gato Negro.
Sans regrets: circulez, il n'y a rien à voir !
En effet, le Gato Negro, il vaut mieux le boire à l'étranger qu'au Chili, car ici, il est considéré comme un bon vin de table, sans plus !

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PS: L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Au Chili, c'est tolérance zéro au volant… pour cette raison, nous avons donc passé la nuit sur le parking de la station essence à proximité de la vigne… Et devinez quelle était la promotion du moment à la station essence?! Des verres à vin, pile ce dont nous avions besoin ! 

 

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Hare Krischna et puis s’en va

Depuis quelques semaines, nous laissons notre spontanéité nous guider et dessiner notre parcours de voyage.
Nous avons en tête les grandes lignes de ce que nous souhaitons voir et faire comme le Machu Picchu, Ushuaia, Voir des baleines, etc …mais entre les deux, nous nous remettons un peu à l'Univers, aux rencontres que nous faisons et à ce que nous échangeons avec elles.
Nous partons du principe que la vie est bien faite et qu'elle nous apporte ce dont nous pouvons avoir besoin au moment où nous en avons besoin !

En résumé, notre plan, c'est de ne pas (plus?) avoir de plan… 

C'est ainsi que lors de notre promenade à Valparaiso début octobre, nos pas nous ont mené jusqu'à une foire axée autour de l'écologie et des produits naturels.
Nous nous sommes arrêtés à un stand, sur lequel était inscrit qu'il possible de passer du temps à la campagne en tant que volontaires, participer à de l'éco-construction, jardiner, cuisiner, faire du yoga, manger végétarien et bio…
Pour nous qui sommes un peu fatigués, pour ne pas dire carrément stressés, à ce moment-là, cela nous paraît parfait !

Après avoir récupéré l'adresse, nous voici en route vers le village de Catemu, Impasse de Santa Rosa, Parcelle 11…
L'adresse est un peu simpliste pour notre GPS qui ne connait que les grandes lignes d'Amérique du Sud…
Une fois arrivés dans le village, nous nous renseignons auprès d'un vieux monsieur… 
Après avoir fait répéter 3 fois la question et l'adresse, il finit pas nous dire quelque chose dans le genre:
"Aaaah, mais vous cherchez la communauté des Allekichna?!"
Comme les chiliens parlent très vite en avalant des syllabes quand ce ne sont pas des mots entiers, Alline ne relève pas ce dernier mot qu'elle ne comprend pas…

Nous arriverons quelques minutes après à bon port et comprenons bien vite que la vie nous fait un drôle de cadeau!

SAM_0272En fait, nous venons d'arriver au sein de la communauté Hare Krischna de la région.
Le responsable nous accueille à bras ouverts et s'étonne de ne pas avoir reçu de mail de confirmation, car il nous en disait plus… 
Ce dernier mail, nous ne l'avons pas vu, puisque nous n'avons pas internet tous les jours… donc, effectivement, nous ne savons pas trop où nous mettons les pieds !

En résumant de manière très simpliste, la religion la plus proche des Hare Krischna serait le boudhisme.
Sauf que le boudhisme (comme les autres religions) mise beaucoup sur l' "après-vie-terrestre": le paradis. 
Les Hare Krischna prient pour toutes leurs vies: terrestre actuelle, spirituelles, passées, prochaines…
Leurs principes de vie sont assez simples : la bonté, le végétarisme, la bonne santé physique et spirituelle.
Il ne faut pas oublier les notions d'amour et de respect envers leurs envers leurs prochains et leurs divinités qui sont également très importantes.

Ensuite, partant du principe que Krischna (leur divinité) est tout et partout, toute chose et toute personne doit être respectée et aimée.
Nous avons donc fait la connaissance de personnes plutôt souriantes, ouvertes, voire apaisées. 
Pour nous deux qui sommes en plein état de crise à ce moment-là, le contraste est saisissant mais immédiatement bénéfique !

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Nous passerons une semaine au sein de cette communauté, chacun dans son activité pour participer à la vie qotidienne le matin et avec du temps libre l'après-midi.
Nous mettrons ce temps libre à profit pour discuter avec nos proches (merci Skype!), pour remettre le site à jour, faire du Yoga (une révélation pou Mika!) et discuter entre nous, de manière plus apaisée.
Nous prendrons également le temps de nous intéresser à cette religion, aux rites et aux croyances qui l'entourent, nous avons de la chance, car nous arrivons à l'époque de 2 cérémonies très importantes.
La communauté nous permettra d'assister à celles-ci, nous invitant même à participer, en toute simplicité… 
Cependant, malgré toute notre bonne volonté et notre motivation, le résultat ne sera pas très bon!
En effet, chanter n'est pas notre fort à la base, en espagnol encore moins… et pour ce qui est des versets rédigés en sanscrit (dialecte de l'Inde)… nous avons carrément déclaré forfait !!

Nous quittons la communauté avec beaucoup d'émotion, les batteries rechargées, l'esprit un peu plus clair, le coeur rempli des témoigages d'amitié des uns et des autres
… et certainement aussi avec quelques kilos en plus car leur cuisine végétarienne est tout simplement exquise, pour ne pas dire divine !

Sans aucun doute, nous veillerons à appliquer certains de leurs principes et nous gardons avec nous le souvenir de ces belles rencontres que nous ne sommes pas prêts d'oublier!

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Valparaiso: épisodes 1 et 2

Au départ, Alline voulait absolument fêter son anniversaire à Valparaiso, en bonne ex-citadine, Valparaiso lui semblait parfait: une ville culturellement active, dynamique et colorée!

… Mais Combito et ses problèmes de moteur en ont décidé autrement! 

Nous arriverons à Valparaiso un samedi du début octobre, sous un magnifique temps d'hiver breton : vent, crachin et nuages gris.
Pour ajouter à la bonne ambiance, nous sommes super fatigués, rien n'est simple, nous avons du mal à nous comprendre, sommes l'un comme l'autre sur la défensive, avons parfois des envies de tout envoyer balader… 

En bref, nous découvrons les travers de la cohabitation dans 5m² dans un véhicule et à l'étranger !

Après avoir veillé à trouver le meilleur emplacement possible pour Combito, mis dans un sac à dos TOUS nos objets de valeur (prudence est mère de sûreté), nous voilà prêts à arpenter la ville.

  • 1ère constatation, la ville c'est super bruyant !
  • 2ème constatation, la ville c'est vraiment triste quand il pleut !
  • 3ème constatation, la ville c'est pollué !

Petit à petit nous nous y habituons et découvrons que Valparaiso, même sous le temps gris est vraiment charmante.
C'est une ville au bord de l'Océan, nichée dans des montagnes, qui accueille pas mal d'étudiants en échange universitaire.

Pour l'activité culturelle, nous sommes servis, nous arrivons en plein festival des 1000 tambours, festival axé autour de percussions, traditionnelles et modernes qui attire du monde de toute l'Amérique du Sud.
Nous croiserons ainsi un certain nombre de saltimbanques, plus ou moins en bon état…
Extrait d'une de nos conversations : 
"-Ce sont des CLOCHARDS sur la plage? 
– Non, non, juste des JEUNES qui ont la gueule de bois!" 

Dans le cadre de ce festival, nous assistons à un spectacle traditionnel sur une place…

… Nous dégustons nos premières pâtisseries chiliennes (avec une forte influence allemande), faisons le tour d'une foire naturo-écolo-bio pour finalement terminer dans le quartier de Bellavista qui est également connu sous le nom de "Musée à Ciel Ouvert".

Ce joli nom lui vient du fait que tout les maisons ou presque de ce quartier sont recouvertes de fresques modernes et généralement réalisées par les étudiants en beaux-arts ou par des artistes anonymes.

Un vrai petit Paraiso ("Paradis" en espagnol) pour Alline qui est fan de street-art !

Fin de journée, exténués, nous rentrons vers Combito, qui est resté entier, surveillé par un vigile toute la journée.
Les villes, c'est toujours compliqué pour nous grands voyageurs en petit Combi… C'est sûr que si nous avions un camping-car comme nos amis belges, français ou italiens rencontrés sur la route, nous nous poserions moins de questions… 
Chacun son voyage, nous décidons à la fin de cette journée, qu'à moins de trouver un hébergement pour Combito, les grandes villes, c'est terminé.
Mika est ravi: pour lui, les villes, ça sert juste à faire la fête avec les copains (ça lui manque d'ailleurs!)

Nous reviendrons dans la région de Valparaiso 2 semaines plus tard… 

Lors de notre voyage, nous avons recontré Emilee, puis Jai. 2 amis australiens qui, après avoir vécu quelques semaines à 4 copains dans un van américain (Et nous qui nous plaignons de nos 5m² à deux!!) s'étaient installés non loin de Valparaiso afin d'expérimenter la construction d'un dôme.
Logiquement et en attendant notre visite à Santiago, nous avons fait les curieux, voulu savoir comment ils s'y prenaient et éventuellement participer à cette construction!

Faute de beau temps et de matériaux, nous ne travaillerons pas beaucoup, mais nous aurons découvert une autre technique de construction écologique et antisismique.

Le samedi après-midi, Emilee et Jai nous proposeront gentiment de partir en virée avec 4 de leurs amis pour la fin du week-end.
Et voici comment nous nous retrouverons en petit comité international au bord de l'eau.
Ce soir-là, seront présents: Emilee et Jai (australiens), Javiera (que Mika rebaptisera rapidement Riviera!) et Daniel (chiliens), Marta (espagnole) et Simon (allemand) et nous, dignes représentants de la France et du Brésil ! 
Ce fut une soirée mémorable, à manger et boire autour du feu tout en parlant une drôle de langue, que nous appelerons très simplement de l'espanglais.

Une fois de plus comme dirait Mika "c'est ça la vraie vie", ce sont ces moments d'amitié, de simplicité, de partage et de rires, tout cela dans l'instant présent !
Ce genre de souvenir est une pièce importante de notre grand puzzle qu'est le voyage, merci à eux pour cette belle invitation !

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Manuel Antisismique pour Etrangers

On nous avait prévenus, mais on n'imaginait pas que cela pouvait arriver en vrai !
Lors de notre passage à Antofagasta, nous avons vécu en direct une alerte tremblement de terre + tsunami.
Et oui car quand la terre bouge (tremblement de terre), c'est l'océan qui prend le relais ensuite (tsunami)…

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Heureusement, nous nous étions arrêtés chez les VW Brothers, parce que sinon, selon nos plans de route, nous étions piles dans l'épicentre.
Et comme nous aimons bien bivouaquer au bord de l'eau, Combito se serait transformé en Yellow Submarine !!

Les Chiliens, eux, sont totalement habitués à ce type d'évenements… un peu comme nous avec les tempêtes en Bretagne !
Ils reçoivent des alertes SMS, savent comment réagir, où se réfugier et surtout relativisent la situation! 
Mais pour nous, jeunes voyageurs pas au courant de tout, cela laisse tout de même une drôle d'impression a posteriori !

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Les Chiliens finissent même par rire sur les réseaux sociaux de ces situations presque ordinaires pour eux…
Nous avons récupéré et traduit pour vous un article paru dans un journal sportif et abordant la question:


Manuel Antisismique pour Etrangers

Les mesures de niveau sont celles de l'échelle de Richter, dont le maximum est 10, le texte décrit la réaction du Chilien.

Niveau 1 à 3: Absolument aucune réaction.

Les chiliens ont muté et sont incapables de ressentir des séismes aussi légers… Ce sont un peu les X-Men du tremblement de terre.

Niveau 4 à 5: Aucune réaction.

Le chilien sait que ça tremble, mais il ne va quand même pas interrompre ce qu'il est en train de faire… ou de ne pas faire pour si peu.

Niveau 6: Le chilien dit "ça tremble".

Toi, tu croiras au début de la fin du monde, mais en fait, il ne se passe rien.
Ne t'avise pas de sortir dehors, c'est encore plus dangereux.
Reste tranquille, regarde comment le chilien agit et attend.
Et franchement, reviens au Chili un jour, ou alors ne nous fais pas de mauvaise réputation… Il n'y a pas taaaaaaant de catastrophes naturelles dans ce pays ! 

Niveau 7: Le chilien dit "c'est fort".

Là oui, nous pouvons commencer à parler de tremblement de terre.
Dans les autres pays, on parlerait déjà de cataclysme, mais ici les constructions supportent plutôt bien… et celles qui ne supportent pas sont déjà tombées lors des tremblements de terre passés.
Ok, nous pouvons comprendre si tu ne souhaites pas revenir au Chili.
Contacte un bon psy à ton retour, en prévision du stress post-traumatique… sans déc', c'est sérieux.

Niveau 8: Les chilien dit "P**** de B****  

Alors accroche-toi, parce que là, oui, le ciel va te tomber sur la tête.
Fais exactement tout ce que fait le chilien.
Essaie de ne pas pleurer ou crier.
Il est fort probable que rien n'arrive, mais tu peux être touché par la malchance et que l'immeuble dans lequel tu es s'effondre.

Niveau 9: le chilien prie.

Alors maintenant, oui, c'est la fin du monde. C'est l'apocalypse. 
Essaie de prier, de penser à tes êtres chers parce que tout est arrivé à sa fin.
Ton pays ne gagnera pas la Copa America, parce que de toutes façons, il n'y aura plus de Coupe et plus d'Amérique.  
Fais attention à tes affaires et méfies-toi de la "Viveza Chilena" (Viveza Chilena = Opportunisme des chiliens en toutes situations).

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NB: Le séisme que le Chili a subi le mercredi 16 septembre était d'une magnitude de 8,4 sur l'échelle de Richter.
Le plus violent de tous les temps s'est également passé au Chili, et la magnitude était de 9,5 à Valdivia, dans le centre du Chili.
Depuis le 16 septembre, la terre tremble régulièrement, mais nous, dans le combi et avec les amortisseurs, nous ne sentons jamais rien !