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THAILANDE LE RETOUR 1

Pour la 3ème et dernière fois de notre séjour en Asie du Sud Est, nous entrons en Thaïlande. 
Depuis le Cambodge, nous rallions Bangkok en bus, soit un trajet de 10 heures pauses incluses. 
Arrivés à Bangkok, nous échangeons un regard et quelques mots: "y'a du bruit!………"…….. "y'a du monde!……." nous savons aussitôt et sans nous concerter que nous n'allons pas nous attarder dans la capitale.
Nous avons rendez-vous dans 3 jours dans un village au sud de Chiang Mai. 

2 solutions s'offrent à nous:

  • Passer une courte nuit sur Bangkok pour repartir le lendemain vers Chiang Mai avec à nouveau 10 heures de trajet de jour…
  • Enchaîner directement avec un bus de nuit vers Chiang Mai et arriver le lendemain matin vers 8h…

Trajet Siem Reap Bangkok Chiang MaiCe choix ne s'est pas posé très longtemps. Nous avons pris l'habitude de suivre notre instinct. 
Dans le cas présent notre instinct nous disait : "Quittes à être fatigués, autant l'être pour de bon et avoir du temps pour retrouver la forme"
Nous sautons dans un taxi, puis dans un autre bus qui nous permet de rallier Chiang Mai (dont nous vous parlerons ultérieurement) en une dizaine d'heures. 

Mais pourquoi encore la Thaïlande

  • La Thaïlande est au centre de l'Asie du Sud-Est, elle est donc totalement intégrée au milieu de notre parcours
  • Notre itinéraire est prévu en boucle… enfin dans notre cas, c'est plutôt une spirale!
  • Nous souhaitons limiter nos déplacements en avion
  • Un de nos chers amis nous rejoint pour terminer le voyage avec nous.
  • Notre retour vers la France se fera depuis Bangkok mi avril… Nous y sommes quasiment ! 
  • Mais aussi et surtout : nous avons présenté notre candidature pour un bénévolat en Permaculture / Spiritualité à Wang Luang, petit village au sud de Chiang Mai… et nous sommes retenus!

A propos du volontariat

Les 2 volontariats que nous avons réalisés au Chili nous avaient enrichis humainement et culturellement, nous avons donc recherché une expérience similaire en Asie.
Malheureusement, entre les missions qui ne correspondaient pas à notre niveau ou centres d'intéret et celles où nous devions payer pour être volontaires – cherchez l'erreur ! – nous nous étions faits une raison…
IMG_5998Finalement, au moment où nous y croyions le moins, Mika, par le biais de ses différentes inscriptions sur des sites d'écologie et de permaculture, a trouvé ce que nous recherchions.
Nous voici donc en route pour un volontariat à Wang Luang, où nous allons travailler durant 3 semaines chez Bernard installé en Thaïlande depuis quelques années et Mone sa femme.

Arrivée et installation à Wang Luang

Depuis Chiang Mai, nous n'avons pas pris le chemin le plus direct.
Nous pensions arriver en fin de matinée, nous arriverons à Wang Luang en milieu d'après-midi. 
L'accueil que nous réserve Bernard est chaleureux et le contact se fait facilement.

Wang Luang est un village, nous sommes les seuls "farangs" (étrangers à peau claire) du coin, il est donc inutile de vouloir communiquer en anglais.
Nous prenons conscience de nos lacunes en Thaï… Nous savons dire "bonjour", "merci", "sans oignons (pour Mika)"
Nous voulions de l'authenticité, nous sommes servis! 

IMG_6017Bernard et Mone nous mettent de suite à l'aise: nous disposons d'une maison privée dans le village, mais aussi d'une petite moto pour être autonome dans nos envies de déplacements.
Pour nous qui sommes sur la route depuis quelques temps, c'est une drôle de sensation d'avoir un chez-soi, des horaires et de nouvelles habitudes.
Comme nous sommes les premiers volontaires, il y a quelques petites choses à ajuster dans la maison… 

  • La maison est nue, pas de chaises, pas de tables.
  • La salle de bain n'est pas terminée, l'eau chaude et les évacuations d'eau ne sont pas installées
  • Les matelas dans les chambres se sont littéralement envolés de la voiture, quelque part sur la route entre Chiang Mai et Wang Luang.

Là où certains pourraient être dcontenancés, nous, cela nous fait sourire…
Un déplacement dès le lendemain à Chiang Mai où nous ferons la connaissance de Daam, un tatoueur Sak-Yant qui travaille avec Bernard, quelques heures de bricolage et la maison sera totalement opérationnelle.

Le lieu de vie de Bernard et Mone est immense, rempli de végétation, très loin des jardins à la française.
Bernard en bon maître des lieux nous fait une visite de son domaine, entre vergers, parcelles de jardins zen, jardin d'alimentation, jardins d'expérimentations, on s'y perd un peu.
Nous découvrons avec bonheur tous les arbres, plantes, oiseaux et papillons qui occupent ce lieu.

Rapidement, nous nous apercevons que Bernard part dans tous les sens, mais ne perd pas le fil.
A nous de suivre et de prendre le train en marche.
Dès les premières heures des situations et des conversations nous font réagir, réfléchir… Ce séjour va être intéressant.

Du côté de Mika

IMG_5996Une des devises favorites de Mika quand il travaille pour les autres est "Je fais comme pour moi", gage de qualité !
Il a de l'expérience dans le jardinage, le bricolage, cela fait des mois qu'il n'a pas touché des outils et est tout content d'être au grand air.

Au cours de ces semaines, Mika finalise l'irrigation des différents terrains. En quelques jours, ce qui était jaune devient vert : tout ce petit monde végétal avait grand soif. Grâce à l'effet combiné de l'arrosage et d'une taille salutaire, les bananiers fleurissent…
Comme d'habitude avec Mika, les chantiers, qui sont nombreux, se font vite et bien: construction d'un poulailler, d'une maison des graines, d'une mare au canards… Tout cela a l'air de convenir à Bernard qui reprend la devise de Mika à son compte: "Tu fais comme pour toi, j'ai confiance!"

De temps en temps, cependant, Mika doit faire des efforts de communication avec Bernard, entre ce qui se dit, ce qui s'entend, ce qui est compris, ce qui va sans dire…
Il n'est pas toujours évident d'apprendre à travailler ensemble et ce sont de belles leçons de vie ! 

Du côté d'Alline

IMG_5997Pour Alline, c'est un peu plus compliqué… Plutôt novice dans le jardin et dans la permaculture, elle est bien consciente qu'elle ne sera pas aussi autonome que Mika.
En l'assignant à la récolte des graines, c'est un drôle de tour Bernard lui a joué.
Au début le projet lui semble intéressant, mais la réalité du terrain est tout autre… tout est sec. Normal, les graines apparaissent à la fin du cycle de la plante…
De plus, elle se voit tomber immédiatement dans les travers de sa personnalité : recherche d'excellence tétanisante, sens critique négatif suivi d'insatisfaction gobale.
Entre les 1001 questions qui l'assaillent (pourquoi tant de graines? à quoi vont-elles servir? et puis ce sont des graines de quoi d'abord?), le peu de résultat visible de son action et son cerveau qui tourne à toute vitesse, elle est très loin de l'instant présent et de l'ici et maintenant…

Mais après quelques jours au contact de ces graines, elle finit par les apprivoiser, les trouver jolies, intéressantes. 
De cette expérience "germera" une idée de souvenir à remettre aux convives du mariage… une façon supplémentaire de donner du sens… 
Projet qui sera réalisé avec l'aide de Bernard… ce qui conforte Alline dans l'idée qu'elle a besoin de travailler en équipe!  
Quelques jours plus tard, Alline demande à changer de projet. Bernard lui propose alors de transplanter les bébés papayers dans des sacs à semis, pour aller les planter ensuite ailleurs…
Cette mission, immédiatement visible, la rassure sur ses capacités et se sent un peu plus utile dans le jardin.

Mone

Impossible de résumer ce séjour sans parler de Mone.
Mone, c'est un peu la fée clochette version thaïlandaise. 
Comme elle, elle va, vient, virevolte. Elle en a le gabarit, la grâce, l'énergie et le caractère !
En plus d'avoir un métier bien prenant qu'elle adore, lorsqu'elle rentre le soir, elle invente toujours de nouvelles activités…
Un jour elle fait des savons pour la fête de son mariage, pour offrir à ses convives.
Le lendemain c'est un atelier shampoing maison, qu'elle offrira aux personnes de son entourage.
Tous les jours, elle cuisine des menus traditionnels et locaux

Toujours disponible et de bonne humeur, elle prend du temps sur son week-end de nous emmener dans un marché de vêtements traditionnels Lanna… Nous devons trouver des tenues, nous sommes invités à leur mariage à la fin de nore séjour.

Les petites phrases de Bernard

IMG_6048En bon jardinier, Bernard sème des petites phrases comme d'autres sèment de la salade.
Florilège des p'tites phrases de Bernard pendant notre séjour:

A Alline et Mika
"Faites comme vous le sentez. Soyez créatifs. Les règles sont faites pour être dépassées… mais suivez-les quand même hein !" (puis il est parti et nous, nous ne savions plus quoi faire)

"Qu'est-ce qui est le plus important: avoir raison ou être heureux?" (un jour où nous discutions à base de "mais si, mais non"… cela nous a stoppé directement !)

"Il faut faire confiance à l'âme du monde" (celle-ci ok, nous la connaissions déjà!)

"Il faut prendre en compte la loi de l'impermanence de toutes choses" (Bon, celle-ci elle n'est pas de lui, c'est de Bouddha, mais il l'a bien reprise à son compte !)

A AllineIMG_6054
"Il ne faut pas penser, il faut agir" (s'en est suivie une longue conversation intérieurer sur le fait que pour passer à l'action il fallait quand même réfléchir, etc. Et… le petit vélo était relancé pour le tour de la Thaïlande)    

A Mika
" Il est important de savoir s'arrêter à temps" (sans commentaires)

Du travail, mais pas que! 

Ces quelques semaines à Wang Luang nous permettront de faire des choses nouvelles et différentes…

L'anniversaire d'un moine bouddhiste

Invités dans une cérémonie d'anniversaire d'un moine, nous nous demandons encore si nous n'avons pas un peu ravis la vedette à ce moine !!

La visite du musée Ganesh

L'occasion de changer… cette fois-ci ce ne sont pas des Bouddhas que nous avons vu par milliers, mais des Ganesh… divinité mi-homme, mi-éléphant c'est le dieu qui supprime les obstacles, de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence. Tout nous quoi !

Le marché de Wiang Nong Long 

Un marché immense dans lequel nous serons les seuls farangs… l'occasion pour nous de découvrir des produits et des personnes différentes… A la différence des temples, les marchés, nous, on adore et on ne s'en lasse pas !

Des tatouages

IMG_5959 (3)Nous vous parlions plus haut de Master Daam, le moine tatoueur Sak-Yant, qui travaille avec Bernard.
Daam, ancien moine bouddhiste, tatoueur de son état travaille sur les tatouages Sak-Yant, magiques.
Mika a un coup de foudre dans le catalogue de tatouage pour un personnage sacré, du nom de Russie. Un sage de la forêt qui se promène dans les montagnes en méditant. Le contact passe tellement bien avec Daam qu'il se fera tatouer quelques jours plus tard…

Alline, elle, se fait tatouer par Bernard, un dessin qu'elle avait depuis quelques temps en tête, mais qu'elle ne savait pas comment présenter. Aidée par une esquisse de Sophie la copine de Birmanie et les propositions de Bernard… En en peu plus d'une heure l'affaire est réglée!
Cette expérience de tatouage donnera l'occasion d'avoir un échange mouvementé émotionnellement mais toujours bienveillant avec Bernard…

Le mariage de Mone et Bernard

Comme dit plus haut, Bernard et Mone nous ont gentiment convié à nous joindre à leurs proches pour la fête de leur mariage!
Notre séjour à Wang luang se terminera sur cette note joyeuse, mouvementée et savamment organisée à la thaïlandaise!

A suivre… !

Pour la première fois depuis 2 ans… nous sommes à jour dans le blog… Nous partons ce soir (encore un bus de nuit!), direction Bangkok, pour récupérer à l'aéroport Alex, notre copain nantais… qui ne sait pas encore quelles aventures nous lui réservons!

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LAOS partie 2 : sous le soleil

Le sud du Laos

La seule bonne nouvelle que nous avons sur le chemin vers le sud du Laos, mais qui n'est pas des moindres… le retour du soleil !
La pluie n'est définitivement pas l'amie du voyageur en sac à dos !

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Vientiane

L'objectif du séjour à Vientiane est simple, nous souhaitons commander nos visas pour le Cambodge, le passage par la frontière terrestre ayant mauvaise réputation.
Sauf qu'en voyage, nous perdons parfois la notion du temps et nous arrivons à Vientiane un… vendredi en fin de journée.
Nous occupons donc la fin de semaine à visiter la capitale qui est très tranquille, à taille humaine… sous une chaleur écrasante.
Entre vieux bâtiments coloniaux et arc de triomphe à la mode asiatique, nous déambulons sans autre but que de faire passer le temps jusqu'au lundi matin pour nous rendre à l'ambassade du Cambodge.

Le lundi suivant…

Nous avons vainement essayé de louer un scooter. Le loueur ne démordra pas de sa logique : "Pour louer un scooter, il faut un passeport en dépôt de garantie".
Après deux tentatives infructueuses de lui faire comprendre que nous ne POUVIONS PAS lui laisser nos passeports, puisque nous en avions BESOIN pour faire nos VISAS
… nous finissons par louer des vélos afin de nous rendre à l'ambassade du Cambodge.

IMG_20170203_101748Trouver des solutions plutôt que de discuter, ne pas chercher à modifier des fonctionnements bien ancrés, cela doit être cela aussi le fameux lâcher prise dont tout le monde parle !
Au final, nous arriverons peu après l'ouverture de l'ambassade… qui nous signifiera que les visas sont désormais réalisés en 72 heures…
3 jours de plus à Vientiane? Merci, mais non merci… Nous passons notre chemin, décidons de reprendre aussitôt la route vers le Sud quitte à faire le visa cambodgien en arrivant sur le territoire… et tant pis si c'est compliqué, nous ne sommes pas pressés!

Thakek, la boucle des karsts de Khammouane

IMG_5105Au fil du temps, les routards, les agences et services touristiques de la région de Khammouane ont imaginé un itinéraire en boucle d'environ 400 kilomètres. Le concept est très simple: louer une petite moto, laisser son gros sac à dos, prendre le strict minimum et partir à l'aventure!
La veille de partir sur la boucle, nous n'étions pas d'accord sur l'itinéraire à suivre. Nous nous interrogions beaucoup. Il n'est pas évident de faire des choix lorsque l'on ne connait pas les lieux que l'on va croiser…
Comme la vie est bien faite et qu'il n'y a jamais de hasard, c'est ce moment qu'ont choisi Victor et Zoé (rencontrés du côté de Luang Prabang) pour littéralement réapparaître sur notre route !
Chance, ils viennent tout juste de terminer la boucle, nous confient leurs ressentis et nous indiquent leurs bons plans.
Nous nous quittons ravis de s'être retrouvés et en étant à peu près sûrs de se recroiser. Grâce à eux, nous prenons la route le lendemain en pleine confiance.

La richesse de cette boucle est la diversité des paysages : le Mékong, les forêts tropicales, les villages, les plantations, une forêt inondée, les pics karstiques, les grottes, les cascades.
Nous sommes ravis de ces quelques, c'est dans ces moments d'évasion à notre rythme que nous sommes les plus heureux.

La grotte de Konglor.

Au cours de cette expédition, nous faisons une des visites les plus étranges et inédites de notre voyage… La grotte de Konglor.
Une grotte immense, pouvant atteindre jusqu'à 100 mètres de haut, elle ressemble à un tunnel de 7,5 kilomètres de long pour 30 de large en moyenne.
A l'intérieur de celle-ci coule une rivière, nous la traversons donc en pirogue.
Elle eut son utilité pendant la deuxième guerre d'Indochine, en servant de planque.
Un jour – grâce à un canard qui voguait en sens inverse – l'on découvrit que la grotte avait une sortie et sa fonction changea : elle servit à l'acheminement des armes et des munitions.
La visite en elle-même ne permet pas de voir grand-chose finalement, seuls 150 mètres sont mis en lumière et en valeur, l'occasion de refaire le point sur la différence entre stalagmites et stalactites.

Tout se joue finalement dans l'imaginaire de chacun… le fait de passer un peu plus de 45 minutes dans un endroit confiné et dans une obscurité quasi complète peut être dérangeant…

Un peu de Normandie au Laos

La deuxième nuit de ce circuit sera mouvementée, car nous avons fait la connaissance de Cyrille et Isis, un couple venu de Normandie.IMG_20170120_024512
Ils sont en vacances, prennent le temps de vivre et jouent à la pétanque à l'hôtel où nous nous arrêtons.
(Oui, la pétanque est très présente au Laos, héritage de la colonisation française, au même titre que la baguette de pain)
Nous passons une fin de journée et une soirée mémorable… très arrosée mais riche en échanges sur la permaculture, l'autonomie énergétique, la construction de maisons, les rapports humains…
Même si cette rencontre nous a valu une bonne migraine le lendemain, c'était chouette de partager ce temps, de se détendre et de passer du bon temps.
L'avenir nous le dira, mais nous sommes pratiquement sûrs de revoir ces copains d'un soir !

Paksé, la boucle du plateau des Bolovens

Comme pour la boucle de Thakek, il s'agit ici d'un itinéraire en boucle d'environ 300 kilomètres.
Le paysage est cette fois plus monotone, ce sont essentiellement des terres agricoles, des plantations de café, longanes, bananes, piments, etc.
Nous irons plus vite, là où certains réalisent cette boucle en 4 ou 5 jours, nous n'y passerons que 2 jours !
Nous passerons la fin de journée puis la nuit à Tad Lo, petit village très agréable au plus proche d'une cascade, cadre reposant dans lequel nous aurions peut-être pu rester plus longtemps…

Mais, nous avons tellement adoré la boucle de Thakek que celle-ci nous paraît plus fade… Il faut dire aussi que ces circuits en scooter sont fatigants… Nous avons vraiment envie de nous reposer, nous approchons des 4000 îles…

Les 4000 îles, Don Det et Don Khône.

Nous quittons la région de Paksé pour rejoindre le district de Siphandone.
Siphandone veut dire 4000 (siphan) îles (don)… Entre nous, nous ne sommes absolument pas certains qu'il y ait réellement 4000 îles sur le site des 4000 îles !
A moins que les laotiens n'aient compté le moindre petit bout de terre au milieu du Mékong?
IMG_5210Car dans cette région du Laos, le Mékong devient paresseux, il tourne et se détourne, se sépare en de multiples bras pour former cet archipel de charmantes petites îles luxuriantes.
Le paysage est évolutif en fonction des saisons et il est facile de se laisser aller à la contemplation, au repos, à la réflexion dans ce cadre.
Seuls, le passage des bateaux à moteur, les cris des enfants qui jouent dans le Mékong et les coqs déréglés nous rappellent que ce paradis est un lieu de vie quotidien pour toute une population.

Nous profitons de notre séjour sur les 4000 îles pour nous accorder une pause détente entrecoupée de belles promenades.
Afin de mieux prendre la mesure des lieux, nous nous offrons une journée d'excursion en kayak biplace à travers les différentes îles et îlots.
Excursion qui nous fournira l'occasion de nous baigner dans le Mékong, d'aller découvrir les cascades, vendues sur le papier commes les chutes du Niagara asiatiques.
Sur ce dernier point, soyons honnêtes, c'est un peu comme le nombre d'îles sur les 4000 îles: légèrement exagéré!

Don Khône

Nous choisissons de nous établir à Don Khône. Parmi les trois îles les plus fréquentées et accessibles c'est celle-ci qui nous paraît le mieux nous correspondre.
L'île est à taille humaine, il est possible d'en faire le tour en moins de 2 heures.
Il y a suffisemment de propositions de commerces pour que cela soit simple pour nous, sans tomber dans les abus des îles surpeuplées de touristes où l'on sert des burgers, des pizzas et des tartines de nutella à tout va.

En quelques jours nous prenons nos habitudes, notre guest house, notre vendeuse de bières, notre restaurant avec Papi qui nous reçoit toujours avec le sourire et un verre de Lao-Lao pour le digestif.
Nous prenons goût au farniente et nous n'avons vraiment plus envie de courir !

Don Det

Reliée à Don Khône par un pont, la petite île de Det est tout aussi sympathique, mais un peu plus touristique.
IMG_5197Ainsi, au beau milieu des restos qui font des hamburgers et des bars qui diffusent Wimbledon et le football anglais trône un hôtel resort avec une belle et grande piscine…
Drôle de sensation lorsque nous voyons que des enfants du coin observent avec envie cette piscine à laquelle ils n'ont évidemment pas le droit !
Finalement, nous les retrouverons plus tard sur le bord du Mékong, en train de s'amuser avec leurs autres copains à bord de leur pirogue ou avec masques et tubas.

Si eux sont passés à autre chose, nous nous sommes questionnés sur ce que les gens attendent de leurs voyages?
Quel est l'intérêt de voyager au Laos jusqu'au bord du Mékong si c'est pour se retrouver toute la journée au bord d'une piscine entre 4 murs sans aucun contact avec les gens, leur vie, leur culture?

Jamais deux sans trois.

IMG_20170129_231330Nous avions à peu de choses près le même itinéraire que Victor et Zoé, il était à peu près certain que l'on se retrouverait qaux 4000 îles. A la date supposée de leur arrivée sur place, nous leur envoyons un message pour leur donner rendez-vous.
C'est donc un soir, au coucher de soleil sur le pont reliant Don Det à Don Khône que nous retrouvons ces copains de voyage intermittents… Sauf que eux étaient bien surpris de nous retrouver, puisqu'ils n'avaient pas pris connaissance de notre message!

Encore un petit clin d'oeil de la vie, que résume bien cette phrase de Paulo Coelho et que nous avons souvent eu l'occasion de vérifier au cours de notre voyage…

«Quand tu veux quelque chose, tout l'Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir.»

Le lendemain, nous fêtons chez Papi ces retrouvailles mais également notre dernière soirée au Laos, notre visa expirant le lendemain. Victor et Zoé ont encore quelques jours à profiter de la douceur des 4000 îles…

Rendez-vous pris, pour de bon cette fois-ci avec eux, au Cambodge, notre prochaine destination et donc… prochain article !IMG_20170130_165552

 

Argentine, Fast and Furious

Notre dernier article vous avait emmené au bout du monde à l'extrême SUD de l'Amérique du Sud, en Patagonie chilienne, puis argentine… Celui-ci vous raconte notre traversée de l'Argentine…

Argentine nous voici.. ou pas

IMG_20160118_124013Nous arrivons sur une toute petite douane, après avoir roulé près de 100 kms sur du ripio, ripio plus proche des galets bretons que des gravillons chiliens.
Nous sommes contrôlés par une douanière argentine très zelée qui nous demande notre carte verte.
Carte verte, pas de problème. Nous montrons les papiers brésiliens de Combito qui sont de couleur verte.
Ce n'est pas du tout ce qu'elle attend. Nous, nous ne comprenons pas. Elle pense qu'on se fiche d'elle. Le ton monte. Elle appelle son supérieur.
Nous finissons pas comprendre qu'elle nous demande l'assurance internationale du véhicule… que nous n'avons (toujours) pas.

Pas moyen de faire autrement, ils ne nous laisseront pas passer, il nous faut rebrousser chemin, refaire ces satanés 100 kms de ripio, 3 heures de route donc pour rallier la ville la plus proche.

Alline pleure de rage. Mika s'énerve, dit les insultes qu'il connaît ou invente dans sa langue.

Arrivés en ville, nous essayons d'assurer Combito, mais… c'est impossbile. Combito est brésilien. Les assureurs sont argentins. Les références de ce véhicule n'existent pas dans leurs systèmes informatiques.
En désespoir de cause, après consultation auprès des policiers ET des gendarmes, que notre aventure amuse, ils nous conseillent de passer par une autre douane… 
.. et accessoirement d'éviter les contrôles de police sur le pays car ce document est VRAIMENT obligatoire.
Des contrôles, nous en aurons deux par jour, tous les jours de notre passage en Argentine. 
Nous avons grandement perfectionné notre jeu d'acteurs pendant ces contrôles… même si sur la fin c'était nerveusement épuisant !

Argentine nous voici.. enfin!

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Après la Patagonie, le plan de visite est assez simple… Sur cette partie argentine, nous voulons:
– Déguster du Malbec, un cépage de vin argentin très réputé
– Visiter les ruines des missions jésuites
– Voir les chutes d'Iguazu côté argentin.

Nous avons définitivement abandonné l'idée de visiter les grandes villes, pour toutes les raisons logistiques que nous avons maintes fois évoquées.
Faute de temps, nous n'irons pas au Nord de l'Argentine, qui paraît-il est magnifique. Nous n'irons pas non plus du côté de la péninsule de Valdez, étape obligée pour les amoureux des baleines et autres animaux marins
Nous avons déjà une date de retour en France et nous voyageons maintenant avec un délai à tenir… Ce qui est beaucoup moins drôle en fait ! 

Le Malbec

Cocorico, le Malbec est originaire de la région de Cahors. Il est introduit en Argentine dès 1868 et au fil du temps, ce cépage est devenu l'icône du vin argentin. 
Les deux tiers de la superficie plantée dans le monde (environ 34 000 hectares) se trouvent dans le pays sud-américain. 
Le cépage français a parfaitement épousé le terroir de Mendoza, "terre du soleil et du bon vin", selon une chanson locale. 
Son principal avantage est qu'il n'a pas besoin de vieillir longtemps pour être bon. 

Cela, c'est la publicité qui nous a été faite, que nous avons retrouvée sur les sites internet, nous étions vraiment ravis d'arriver dans le secteur des vignes de Mendoza.
Dans les faits, nous avons visité une cave, sous une chaleur écrasante, fait une dégustation… et… nous n'avons pas aimé. Mais alors pas du tout. 
Imaginez à quel point il est compliqué d'être face à quelqu'un qui vous présente ses meilleurs vins et de ne pas du tout apprécier ce qu'il vous propose !!
Bref, les goûts et les couleurs…

Les ruines des missions jésuites

Au XVIIe et XVIIIe siècle, dans la région nord est de l'Argentine, peuplée par les indiens Guaranis, la Compagnie de Jésus a concrétisé un projet d’évangélisation.
Il s’est terminé du jour au lendemain avec la décision des bourbons espagnols d’expulser les Jésuites en 1767.
Les Missions guaranis sont historiquement les plus fameuses car elles ont obtenus des résultats étonnants : leur degré de développement et d’organisation sont exemplaires. 
On parle ici de communautés de 2000 à 5000 personnes ! 

Les missionnaires jésuites ont laissé derrière eux une trentaine de réductions et villages guaranis, répartis entre l'Argentine, le Brésil et le Paraguay.
Des 33 existantes, 7 sont aujourd’hui classées au Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco.

Les chutes d'Iguazu côté argentin

L'an dernier, nous avions choisi de visiter les chutes d'Iguaçu côté brésilien. Nous avions alors aimé le côté cinématographique, le paysage qui se déroulait sous nos yeux tout au long de la promenade.
Mais avec le recul et en croisant d'autres voyageurs qui avaient été du côté argentin, nous savions que nous repasserions par là au retour ! IMG_20160303_113310

Iguazu (avec un Z parce que nous sommes en Argentine), c'est un immense parc national dans la forêt tropicale.
Tout un système de passerelles nous permet de passer, à côté, au-dessus, parfois même sous les différentes chutes d'eau.IMG_20160316_115414
Nous avons donc sorti toute la panoplie: capes de pluie, housse de protection des appareils, antimoustiques et crème solaire ! IMG_20160316_094714

Quelques chiffres:
275 : le nombre de cascades
67 000 : la superficie en hectares du parc national
18 000 : le débit moyen d'eau en mètres cubes par seconde. 

Nota: Pour une maison, en moyenne, on ne dépasse pas les 30 mètres cubes par personne… à l'année. 

  

L'Argentine côté conduite…

En cours de route, nous nous apercevons que le parc automobile argentin est plutôt vintage, pour ne pas dire ancien.
Le conducteur argentin quant à lui est resté bloqué dans les années 90 à l'époque du tuning. 

Il ignore totalement les règles de conduite de base, remet sa vie entre les mains de Dieu et de quelques Saints, et bichonne son véhicule comme la prunelle de ses yeux.

Les offrandes à Difunta Correa, patronne de la route et des camionneurs
Les offrandes à Difunta Correa, patronne de la route et des camionneurs
Véhicule qui, bien sûr, doit faire le plus de bruit possible, et tant pis s'il est ridicule.
 
Nous, avec Combito, nous roulons à la vitesse du paysage. 60-70 km/h en moyenne. Ce qui donne lieu parfois à des situations un peu cocasses.
Comme ce jour où nous nous sommes faits doubler par une… 4L !!

 

Une page de Patagonie !

Lors de la préparation de notre voyage, nous avons beaucoup discuté de la Patagonie.

Mika voulait absolument connaître la Patagonie.
Son cousin Antoine l'avait traversée à vélo et lui en avait parlé… il continue d'ailleurs de pédaler à travers le monde, cela se passe ici

Ensuite, dans l'imaginaire de Mikaël, c'était mythique d'aller au bout du monde en traversant de si grands espaces occupés par les gauchos.

SAM_2958Alline, elle, ne voyait honnêtement pas l'intérêt d'aller dans un endroit désertique, froid et de surcroit battu par les vents. 
De plus est, une fois arrivés au bout du monde, pas d'autres moyens pour rebrousser chemin que de faire le même nombre de kilomètres, sur une route de ripio*.

* Le ripio, c'est tout un concept quand nous voyageons en véhicule… Il y a le bon, le mauvais, le catastrophique, l'impraticable. Une route en ripio, c'est une route qui n'a pas de revêtement d'asphalte ou de béton. Cela peut donc être aussi bien une route de terre, de gravier, de sable ou de galets.

Ce n'est jamais une très bonne nouvelle quand nous devons emprunter une route de ripio, parce que Combito n'apprécie pas forcément et nous non plus.
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Côté Combito : Nous craignons régulièrement pour les pneus, les amortisseurs, le pare-brise, la suspension, la direction, etc… 
Côté Alline et Mika : La conduite est très éprouvante car il faut rester concentré sur les éventuels trous ou grosses pierres sur la route qui pourraient endommager Combito, en étant secoués dans tous les sens et en ayant pour bande-son le vacarme de toute la cuisine qui s'entrechoque!

Finalement, nous avons fait route vers la Patagonie et la réalité ne nous a pas déçus, quand elle ne nous a pas émerveillée.
Pour une fois, nous ferons un peu plus de place aux photos, avec un peu moins de blablabla habituel.
Tout simplement, parce que nous, nous nous sommes retrouvés plein de fois sans mots face à ces paysages.

Patagonie côté Chili, la Carretera Austral

Caleta Tortel

La Caleta Totel ne fait pas partie de la Patagonie, c'est encore sur le chemin de la Route Australe…
Cependant et pour l'anecdote, nous l'intégrons à cet article, car lorsque nous étions encore en France, nous avions vu un documentaire sur ce village où il pleut, selon la légende environ 300 jours par an… 
Statistique qu'Alline n'avait pas trouvé forcément encourageante, mais que Mika avait, lui, trouvé très intéressante ! 
Chanceux que nous sommes, nous aurons 2 jours de grand soleil !
Pas de voitures à Caleta Tortel, comme le village est construit à flanc de rocher au bord de l'océan, on y circule à pied, sur des passerelles de cyprès, le bois qui est produit et travaillé..
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Le parc national Torres del Paine

Il fait partie des incontournables de l'Amérique du Sud, comme le Machu Pichu ou les chutes d'Iguaçu. 
On paie donc cher l'entrée, environ 4 fois plus qu'un autre parc national chilien… mais une fois entré, il est possible de rester et profiter autant de temps qu'on le souhaite… 
Grâce à Combito, nous resterons 6 jours dans cet endroit sublime, le temps de faire 4 belles randonnées mais aussi de se reposer dans ce cadre exceptionnel!

NB: Il parait que si on entre de nuit, les gardes laissent passer sans payer… mais nous ne l'avons pas vérifié ! 

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Puerto Natales 

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Nous passerons en coup de vent à Puerto Natales, car c'est la route pour aller au Parc National Torres del Paine…
Cependant, en arrivant en ville, nous avons eu le temps de croiser, Karen et Sebastiàn, des voyageurs en Combi, amis de Dani et Jupa… Comme presqu'à chaque fois que nous rencontrons des voyageurs en Combi, nous prenons le temps de prendre une photo ensemble!

Le projet de Sébstiàn s'appelle "Fotografiando el Mundo"

La grotte du Mylodon

Au milieu d'une montagne, une grotte immense, dans cette grotte aurait vécu un animal préhistorique rare: le Mylodon.
Le Mylodon – une espèce éteinte entre -10 200 et – 13 5603 est une sorte de paresseux terestre géant. 

Cette grotte créée à partir de lacs géants suite à des éruptions volcaniques a une grande importance scientifique, d'un point de vue archéologique, géologique ou encore botanique.

Punta Arenas

A croire que nous avons été très sages en 2015, puisque Punta Arenas fut notre cadeau de Noël…
Quand ils ont su que nous contunions notre chemin vers le sud du Chili, Lizzie et José nous ont chaleureusement proposé leur maison à Punta Arenas.
Nous n'avions pas d'idée précise pour les fêtes de fin d'année, cette proposition était donc plus que bienvenue!

Une maison, rien que pour nous, pour les fêtes, quel bonheur… mais aussi quelle sensation étrange d'avoir de l'espace et de retrouver le confort de la vie moderne…
Nous avons donc vécu pendant 15 jours à Punta Arenas (qui veut dire la Pointe des Sables) face au détroit de Magellan, avec des journées où le soleil se lève à 4h du matin pour ne se coucher qu'après 23h30… la proximité de l'Antarctique ayant son rôle.

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Pour nous, Punta Arenas, c'est un souvenir dans lequel nous avions un jacuzzi rien que pour nous, beaucoup de vent et des dauphins qui jouaient dans l'eau face à "notre" salon… Merci Lizzie et José Manuel de votre confiance !

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Patagonie côté Argentine, la Ruta 40 

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Le Glacier Perito Moreno

Des glaciers, nous en avions déjà vu… D'aussi près beaucoup moins… Aussi impressionnant, jamais.
Le Perito Moreno, c'est une expérience sensorielle à part entière: le vent, les couleurs de la glace, le bruit que le glacier fait en avançant, le spectacle des pans de glace qui s'effondrent dans l'eau…

Pour ceux qui sont plus pragmatiques: le Perito Moreno fait partie de la 3ème zone de glace au monde, après le Pôle Nord et l'Antartique, soit 250 km².
Le glacier est en mouvement: journalièrement, il avance de 2 mètres de face, 40 cm sur les côtés.SAM_2725
Enfin, il est classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité de l'Unesco. Difficile de passer à côté donc !

Ushuaïa

Depuis quelques semaines, nous nous interrogions sérieusement sur l'intérêt d'aller jusqu'à Ushuaïa.
En arrivant sur le territoire argentin, nous avons pris des renseignements sur l'état des routes et dans la foulée carrément abandonné l'idée d'aller à Ushuaïa.
Cela faisait bien trop de kilomètres sur les routes de ripio…

SAM_2795Cette fois encore, la vie de voyageurs nous a offert un joli un cadeau.
Peu de temps avant de rejoindre "notre" maison de Punta Arenas pour Noël, nous apprenons que Michel, Ana, Lucien et Chloé leurs enfants, nos amis de Santiago, seront de passage pour leurs vacances à Punta Arenas.
Incroyable mais vrai ! Nous sommes ravis de les revoir et leur proposons aussitôt de passer la soirée du Nouvel An ensemble s'ils n'ont rien de prévu.
Ils n'ont rien de prévu, l'affaire est donc conclue, nous commencerons la nouvelle année ensemble !

C'est au cours de la soirée que Michel nous propose de partir tous ensemble camper à Ushuaïa le lendemain.
A croire que les fous ne fréquentent que des fous!
Car Ushuaïa, c'est 400 km aller, 400 km retour, sur le fameux ripio ! 
Pas de problème pour Michel, alors, nous nous entassons tous les six dans leur voiture et c'est parti!

Parfois, on dit que ce n'est pas la destination qui compte, mais le chemin.
Pour nous cela n'a jamais été aussi vrai que pour Ushuaïa. 

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Ushuaïa en soi, ce n'est pas spécialement joli… Une fois prise la photo que tout le monde prend à l'entrée de la ville, nous ne savions pas trop où aller.

Nous avons donc trouvé une alternative, en allant camper dans le Parc National de la Terre de Feu…
Restera dans l'histoire que le 1er janvier 2016, nous avons campé au bout du monde  ! 

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La Terre de Feu

Depuis Punta Arenas, il faut donc faire 400 kilomètres pour atteindre la Terre de Feu, cette île gigantesque est partagée entre le Chili et l'Argentine…SAM_2858
Avec Michel, Ana Elena et les enfants, nous avons choisi de prendre la plus courte des deux traversées possibles.
Pendant cette mini croisière, nous aurons la chance de croiser dans le sillage du ferry des dauphins joueurs et plus loin, sur la route du retour, des pingouins rois vraiment majestueux.

Le paysage de la Terre de Feu est toujours aussi étonnant qu'en Patagonie : de la steppe, puis des montagnes avec des glaciers, puis des lacs, des rivières et des forêts pour enfin arriver en bord d'océan…

Ainsi se termine notre voyage… au Chili ! 
Nous avons finalement passé quasiment 6 mois dans ce magnifique pays, qui est sans aucun doute, celui qui a le plus marqué notre voyage en Amérique du Sud…

…La suite se passe en Argentine !

Fundo Panguilemu / Coyhaique

Le Fundo Panguilemu à Coyhaique (prononcez Co-aïe-iké), c'est certainement une des expériences les plus riches et intenses de notre voyage…
On ne dirait peut-être pas comme ça, sur les photos ou sur ce que nous vous contons, mais ce n'est pas parce que nous sommes en voyage que nous arrêtons de réfléchir… bien au contraire ! 
Même si nous nous entrainons à vivre au jour le jour, à profiter du moment présent, régulièrement la question du "et après le voyage" revient nous taquiner…

Drôle d'endoit pour une rencontre

GOPR2360Nous nous retrouvons à Coyhaique fin novembre, tout cela parce qu'un beau jour d'août, du côté du Machu Picchu au Pérou, la vie a choisi de mettre Reynald sur notre chemin, ou devrais-je dire, dans notre piscine.
Oui, car à ce moment-là, nous profitions tranquillement des sources d'eau chaudes de Cocalmayo. 

Dans les faits, en bons français de base, nous râlions sur le manque de discrétion des jeunes Américains – ils ne parlent pas entre eux, ils crient! – Reynald nous a alors abordé, en riant de nous entendre. 
Comme si nous nous connaissions depuis des années, en quelques minutes, nous voilà partis à échanger sur des sujets un peu plus profonds que la piscine et le QI des ces jeunes qui nous entouraient.

Reynald, la trentaine, un grand sourire et les yeux qui pétillent, avait selon les critères courants, tout pour être heureux: travail qui rapporte, appartement sympathique, pas ou peu de préoccupations…
Mais tout cela manquait cruellement de sens pour lui, il avait donc décidé un beau jour de tout plaquer pour voyager et se former dans un métier moins lucratif. 
Au moment où nous l'avons rencontré, cela faisait près de 2 ans qu'il était heureux sur les routes… Aussitôt après qu'il nous ait expliqué avoir passé quelques temps dans une ferme au Chili, nous avons redoublé d'intérêt pour ses récits.
D'autant que les propriétaires étaient, tout comme lui, formés en management hollisitque, philosophie qui combine parfaitement avec la permaculture.
Tout cela forcément, a attisé notre curiosité et Coyhaique est devenu un de nos objectifs de voyage au Chili.

Merci, merci à Reynald qui nous a mis en contact avec Lizzie et José Manuel… 

Nous arrivons à Coyhaique

SAM_1764Entre le moment où nous en avons entendu parler et le jour où nous arrivons enfin à Coyhaique, 3 mois se sont passés.
Nous nous sommes imaginés beaucoup de choses sur la ferme de Lizzie et José.
Nous ne savons pas très bien où nous mettons les pieds, nous n'avons pas non plus cherché à en savoir plus.
Nous sommes persuadés que nous allons apprendre énormément en permaculture et que peut-être Mika trouvera des clés ou de l'inspiration pour une reconversion…
C'était sans compter avec la fameuse règle :

"Faites des plans si vous voulez, mais sachez que cela ne se passe JAMAIS comme vous l'avez prévu".

Nous sommes accueillis par Morgane et Laurène, 2 françaises en vacances venues faire du volontariat dans cette ferme.
Elles nous expliquent brièvement qu'il y a 5 autres français dans la ferme et 1 hollandais, le fonctionnement de la ferme, etc.
Quand nous leur expliquons l'objet de notre visite, elles sont dubitatives… permaculture? Jamais entendu parler ici. OK… d'accord.
Nous ne rencontrerons Lizzie et José que quelques heures plus tard, pour ne réellement discuter avec eux que le lendemain.

Bienvenue au Fundo Panguilemu / Coyhaique

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Le Fundo (Ferme) Panguilemu (Forêt du Puma en langue native) est l'endroit qu'ils ont choisi pour s'installer voici 2 ans.
C'est une ferme de 1000 hectares, implantée dans un décor digne d'une carte postale.
Ce qui fait fonctionner la ferme aujourd'hui, c'est l'élevage, nous sommes au coeur de la Patagonie chilienne, donc on mange de la viande.
Ils produisent de la viande d'agneau, de mouton, de veau, de boeuf, qu'ils revendent ensuite dans leur boucherie en ville.

Paralèllement à cela, Lizzie a lancé l'activité de maraîchage bio, elle travaille avec différents restaurants, mais aussi des particuliers pour vendre tous types de salades, légumes et fleurs, fraîchement récoltées.

Ils accueillent chez eux des voyageurs en échange de travail bénévole à la ferme en échange d'un gîte et d'un couvert, pratique mieux connue sous le nom de "woofing".
Lorsque nous arrivons, malgré le nombre de volontaires, ils ont toujours plus besoin d'aide, tant il y a de projets et de choses à mettre en place.

Les nombreux projets de Lizzie et José Manuel

SAM_1916En arrivant dans la ferme, nous sommes automatiquement propulsés au milieu de la belle énergie créative de José et Lizzie et Sara, leur petite fille.

Partant du principe qu'il faut se diversifier pour s'en sortir, ils ont donc plusieurs projets en cours, mais aussi des idées à plus ou moins long terme…
Lorsque nous arrivons, les projets en cours sont les suivants:

– Construire un poulailler pour 600 poules
– Réparer un filet brise-vent pour les serres
– Refaire le jardin extérieur et entretenir les serres
– Construire un bâtiment pour la tonte des moutons
– Construire différents meubles pour la maison principale
– Construire des yourtes pour un campement d'écotourisme
– Créer un parcours de ballades à cheval…

Cohabitation et Promiscuité.

C'est grâce à ce passage à la ferme que nous avons compris la différence entre promiscuité et cohabitation
Par exemple, la promiscuité, c'est ce que nous vivons tous les jours avec Combito, à savoir une proximité dans un espace petit, restreint qui empêche l'intimité.

Dans la ferme de Lizzie et José Manuel nous avons cohabité avec plusieurs personnes, avec leurs différentes personnalités, nationalités, cultures, histoires de vie, âge, genre etc…
Exercice intéressant, d'autant plus que c'est le "hasard" qui a regroupé toutes ces personnes au même endroit, au même moment pour partager cette expérience.
Nous ne nous sommes pas choisis. Nous avons donc dû rapidement apprendre à vivre ensemble, travailler, partager des repas ensemble, communiquer, se comprendre, trouver sa place etc…

La vie en communauté, la cohabitation, un vrai exercice de style…

Mikaël est plutôt indépendant

et n'est plus trop (voire pas?) habitué à recevoir des directives ou des remarques… 
De même, il lui est parfois difficile de travailler en équipe, du fait de la barrière de la langue… 
Il lui faut souvent plus de temps pour expliquer quelque chose que de le faire directement.

Alline a dû apprendre

– mais la leçon n'est pas encore bien assimilée… – à lâcher prise sur le fait de vouloir satisfaire tout le monde…
… à prendre conscience que parfois, le mieux est l'ennemi du bien…
… Et qu'en plus, tout le monde n'a pas la même vision des choses qu'elle !!

Nous avons passé 3 semaines entre novembre et décembre 2015 pour mieux revenir à nouveau 3 semaines mi janvier 2016.
Deux séjours totalement différents, car les volontaires sur place étaient différents et peut-être bien que nous aussi! 

Sur ces deux séjours, les interactions et les échanges avec José Manuel, Lizzie et les volontaires ont toujours été riches en enseignements ainsi qu'en expériences!

Du travail oui, mais des loisirs aussi !

Ce qui est vraiment génial au Fundo Panguilemu, c'est qu'avec une forêt, une rivière, des montagnes et des champs, l'endroit se prête à toutes sortes d'activités.

Ainsi, nous sommes partis une journée à cheval pour faire le tour de la propriété.

SAM_1881Don Domingo, le salarié de Lizzie et José Manuel, nous a enseigné, toujours avec le sourire et bienveillance, à passer dans des rivières, comment galoper dans les champs, comment descendre des chemins de pierre…
N'ayant que très peu d'expérience en la matière, nous nous en sommes parfaitement sortis ! 
Grâce à lui, nous avons touché du doigt l'expérience de la vie du Gaucho de Patagonie, sous le soleil, le vent, la pluie et dans de magnifiques grands espaces. 

Un autre grand souvenir, la partie de pêche de Mikaël avec José Manuel.

Quelques jours après notre arrivée, José Manuel nous explique qu'il a tellement de travail qu'il ne prend même pas le temps d'aller pêcher dans SA rivière.
Mika n'est pas sûr de comprendre, je fais répéter. Comment ça, SA rivière?
Effectivement, sur la propriété coule une rivière. Aussitôt validée l'information, Mika obligera José Manuel à l'emmener pêcher… 

Ils reviendront heureux et très fiers, avec 3 belles prises, des truites arc-en-ciel pou lesquelles nous avons retardées notre départ, afin de pouvoir les déguster ! 

Qui a dit que bricoler c'était travailler? 

Cela faisait plusieurs mois que cela le démangeait. 
Le fait de voir d'autres Combi mieux aménagés le faisait enrager, car il n'avait eu que très peu de temps au Brésil pour tout imaginer et mettre en place sur Combito…
Quand il a vu pour la première fois l'atelier de bricolage de José Manuel avec tous les outils disponibles… l'idée a commencé à devenir un projet.
Une utltime grande discussion avec Alix & Alex sur l'aménagement de Combito le décidera défintivement.
Mika a donc profité de notre second séjour pour refaire tout l'aménagement de Combito!

Etant donné que nous allons rester 6 mois de plus en Amérique du Sud, autant joindre l'utile à l'agréable.
Combito dispose donc maintenant d'un salon, en plus de la cuisine et de la chambr initiales… Et bien vous savez quoi? Cela change la vie!

Au Fundo Panguilemu, il y a aussi les balades, les moments de méditation dans les jardins… et même un cours de Yoga pris par Mika avec Susana, une volontaire allemande au petit matin!

Nous avons eu aussi quelques moments de folie.

Nous ne vous le dirons jamais assez: l'abus d'alcool est dangereux pour la santé… et aussi pour notre intégrité…
Lors de notre premier séjour, José Manuel et les français présents ont très solennellement et sobrement officié à notre vrai faux mariage. Mariage qui a eu lieu après un concert très très privé d'un groupe dont nous cherchons activement les dates de la prochaine tournée!

Le management et le contexte holistique

Holistique vient du grec "holos" qui signifie "le tout".
Le management holistique désigne toutes les approches, ou toutes les techniques qui prennent en compte la globalité d'une structure, d'un individu ou encore d'une entreprise. 
Pour gérer la ferme, toutes les activités, ainsi que leurs vies, José Manuel et Lizzie sont formés et formateurs en management holistique.
Le Fundo Panguilemu est un Allan Savory Hub, un centre de ressources et de diffusion du management holistique.

Un des principes de base de cette approche est que le tout est supérieur à la somme des parties : 1 + 1 > 2
Ainsi l’entreprise ne se développe bien et de manière durable que si les personnes qui y travaillent, dirigeants, salariés et volontaires se sentent bien et trouvent un sens à leurs actions.
La place de l'être humain y est tout aussi importante que l'économie et l'environnement.

Dans ce cadre-là, nous avons également eu l'occasion de réaliser notre contexte holistique, pour nos vies.
C'est un processus logique en trois parties:
1/ Quels sont vos souhaits de vie, votre qualité de vie.
2/ Quels sont les moyens dont je dispose pour réaliser ce que je souhaite
3/ Dans quel environnement je souhaite mettre en place cette vie.
Tout cela en tenant compte de nos dimensions physique, mentale, émotionnelle, familiale, sociale, culturelle, spirituelle. 

Faites le test! Quels sont vos souhaits, vos vraies attentes dans la vie, pour vous et pour vous seul(e) sans penser à votre partenaire, vos enfants, votre famille ou pourquoi pas… votre chef? 
De quoi avez-vous besoin pour être pleinement et vraiment heureux, en tant qu'individu?! 

Pour conclure…

Au sein du Fundo Panguilemu, et au cours de nos deux séjours, il y avait Zayd, un volontaire Hollandais, fan de reggae…
Il sera arrivé à faire d'une certaine musique de Bob Marley l'hymne de la ferme…

Le refrain, dit quelques choses comme cela:

"Ne t'inquiète pas à propos des choses, 
Car toutes les petites choses,
Vont très bien aller.
Chante "Ne t'inquiète pas à propos des choses
Car toutes les petites choses,
Vont très bien aller."
 

Sur ces bonnes paroles… nous vous disons à bientôt !