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Copa, Copacabana

Rien a voir avec la grande et célèbre plage de Rio de Janeiro au Brésil, nous en parlerons plus tard dans notre périple…

Non, la Copacabana dont nous vous parlons aujourd'hui est celle que nous avons rencontrée au bord du lac Titicaca, entourée des somptueuses Andes et… sous un soleil de plomb.
Copacabana, c'est la dernère ville bolivienne avant la frontière péruvienne.
Copacabana, c'est aussi l'endroit où nous avons fait de belles rencontres, pensées amicales à Paul, Marie-Aliette, Coco et Jojo, Jérémie, mais aussi Claude et Olivia.
Enfin, Copacabana serait un lieu porte-bonheur, pour les boliviens et les péruviens…

Prendre le temps

La vie paraît douce et tranquille à Copacabana, donc pour la première fois depuis notre départ, nous décidons de PRENDRE LE TEMPS.
Nous nous retrouvons face à la mer… pardon, devant le lac Titicaca qui est super impressionnant: avec ses 8300 km² d'eau bleue cristalline, nous n'en voyons même pas le bout !
Pour nous qui arrivons du froid d'Uyuni, quel bonheur de se retrouver en t-shirt et en tongs à faire bronzette… 
Pas de baignade au programme, seuls les courageux (Mikaël donc) se risqueront a faire trempette 5 minutes maximum, dans une eau à 13-14 degrés !!

En face de Copacabana, se trouve l'Isla del Sol, l'île du Soleil.

Selon la légende, à l'époque où les hommes vivaient encore comme des animaux, le dieu Soleil  aurait envoyé sur cette île les 2 premiers Incas: Manco Capac et Mama Ocllo.
Ces Incas auraient reçu comme 1ère mission d'éclairer les hommes, en leur apportant le savoir-faire et les connaissances de la mère terre nourricière, connue par tous ici sous le nom de "Pachamama".
La 2ème mission était de marcher vers le nord afin d'établir un empire de paix… c'est comme cela que Manco Capac, 1er souverain inca est arrivé dans ce qui sera Cusco, en fit la capitale et… le centre du monde, rien que ça !
Mais tout cela est une autre histoire…

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Revenons à notre île du Soleil, nous décidons de partir en excursion, comme tous les touristes présents…
Au programme un voyage en bateau de 2 heures jusqu'à l'île pour ensuite enchaîner sur une petite marche de 4 heures.
L'idée: traverser l'île du Nord au Sud, avec des montées, des descentes et des… péages ! 
Oui, vous avez bien lu, des péages !!!
En fait l'île est exploitée par des communautés natives et nous payons des droits de passage à différents endroits de la randonnée… sinon, bien sûr, nous pouvons faire demi-tour!! 
Nous n'étions pas au courant, cela a mutliplié notre budget par deux, de fait, nous n'avons que moyennement apprécié la blague…
Mais bon, comme il paraît que l'on aide à construire des hôtels, pardon des écoles, avec notre contribution…
Heureusement, la promenade et les paysages nous ont littéralement coupé le souffle, au sens propre (les montées à 4000 mètres) comme au figuré (parce que vraiment c'était superbe)!

Notre séjour s'est déroulé à proximité du camping collaboratif, écologique et permaculture tenu par une jeune femme de la tribu Aimara, répondant au prénom de Libertad, "Liberté" en français.
Libertad sort un peu du cliché de la femme bolivienne, elle a la trentaine, n'est pas mariée, n'a pas d'enfant, a fait des études supérieures d'agro-écologie…
En plus de cela, elle a fait le voeu pieux d'éduquer son prochain aux problématiques écologiques
Un soir, sur un coup de tête, elle nous invite ainsi que Nicole, rencontrée au bord du lac, à aller voir le "bain inca" une source d'eau, au milieu des bois, en dehors de la ville.
Bien entendu, nous avons offert un peu de bière à Pachamama pour la remercier de ce moment… et nous avons trinqué à sa santé!
Pour remercier Libertad, nous lui avons proposé en retour notre aide, c'est avec plaisir qu'elle nous a confié la… corvée de toilettes sèches ! 
N'est pas un héros de l'écologie qui veut ! 

Quelques jours plus tard, nous avons compris l'aspect porte-bonheur de la ville…
Le samedi, en partant nous promener, nous découvrons de gros bouchons dans la ville.
Les gens sont au milieu des routes s'affairent autour de leur voiture, les lavent, les lustrent, pour ensuite les décorer avant de passer devant la cathédrale…
Et devant la cathédrale, des confettis, des pétards, de la bière renversée… Et les voitures qui ressortent dans un état !!

Mais que se passe-t-il?

Information prise auprès d'une petite mamita du coin, nous comprenons, que les boliviens (et les péruviens) viennent – parfois de très loin – pour faire bénir leur voitures…
Bénir leur voiture? Faire des voeux? OK, allons voir cela de plus près… 
En fait, ces cérémonies sont un mélange de catholicisme et de rites incas… il y a en vrac, des signes de croix, de l'encens, des confettis, des offrandes de bière à la Pachamama. 
Ils bénissent les voitures, mais cela marche aussi avec les demandes d'argent, de maisons, d'hôtels (le tourisme se développe en Bolivie), et toutes autres types de demandes… 
Mais quand même, la spécialité de Copacabana, c'est la bénédiction des voitures…

Nous, ce que nous aurons retenu, c'est que c'est un vrai spectacle, assez coloré, très bruyant et surtout une belle occasion de boire des coups en famille et en ville.
Petit bémol, il est quand même bien dommage qu'ils n'aient pas encore la conscience de la préservation de l'environnement, parce que leur passage au bord du lac laisse des traces.
Au cours de nos promenades, nous aurons spontanément ramassé l'équivalent de 200 litres de déchets sur la plage…

Et pour ceux qui se demandent,

pas de bénédiction pour le P'tit Combi… Ce n'est pas l'envie qui a manqué (surtout à Alline), mais nous avons été raisonnables (surtout Mikaël)…
Cependant, il se trouve qu'en quittant Copacabana… sur la route du départ, Dieu, Pachamama, le vent ou juste le hasard nous a offert un p'tit chapeau, de la même couleur que le P'tit Combi ! 

 

Un p’tit tour à Uyuni et puis s’en va

Suite à notre exfiltration désormais légendaire de Potosi, notre convoi se dirige vers la seule route ouverte: celle qui va vers Uyuni.

C'est parfait, Uyuni, nous ne voulions absolument pas le rater, car tous ceux que nous avons rencontré nous en ont parlé avec des étoiles dans les yeux.

Nous arrivons à Uyuni de nuit après 5 heures de routes de montagne et congelés, car, pour rappel, nous avons roulé sans vitre conducteur…P1060458
Nous sommes accueillis par Rafaël, un adjoint municipal de la ville qui, sur ordre du gouvernement bolivien, a pour mission de caser tout notre petit convoi exceptionnel dans les quelques hôtels disponibles de la ville.
Une nuit gratuite dans un hôtel, cela ne se refuse pas ! 
Pour fêter notre liberté retrouvée ainsi que cette bonne surprise, nous improvisons un repas de fête au restaurant : bières et pizzas… les plaisirs simples de la vie en somme !

Nous avons déchanté assez vite en arrivant dans notre chambre.

Deux lits simples, une baie en simple vitrage couvrant tout un pan de mur, mur en parpaings brut, douches communes… 
Tout cela ne serait pas gênant si la température ressentie n'avoisinnait pas les -20°C dehors et donc à peine plus à l'intérieur, car pas de chauffage.
Sans trop se poser de questions, car morts de fatigue après tous ces événements, nous voilà chacun dans notre lit, dans notre sac de couchage avec les 4 couvertures de l'hôtel, nos gants et nos chaussettes!

Nous ne saurons jamais si nous n'aurions pas mieux dormi dans notre P'tit Combi…

Lorsque nous avons demandé pourquoi il n'y avait pas de chauffage dans les hôtels à Uyuni, nous avons eu les réponses suivantes:
– Pour raccorder la ville au gaz de ville, il faudrait casser le réseau routier flambant neuf pour construire le réseau de gaz… sauf que si on casse tout, la ville est coupée du monde et donc privée de ravitaillement alimentaire.
– L'électricité coûte cher.
– Les boliviens n'ont pas froid, eux.
Nous ne saurons là non plus jamais quelle est la bonne version, mais ces trois-là nous ont suffi à comprendre qu'il ne fallait pas trop compter sur un chauffage pour la suite…

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Le lendemain matin, opération réparation de la vitre du Combi, avec toujours, l'aide bienveillante de Rafaël.Nous avons eu la chance de tomber, une fois plus sur les bonnes personnes au bon moment…
Une fois cette opération réalisée, à nous les visites des sites!

Uyuni,c'est un peu comme une ville de western.Il y a une grande-rue principale, des rues perpendiculaires et autour… rien… ou presque: du sable, de la poussière et le Salar.
Nous avons appris que la ville existait depuis moins de 200 ans, d'où ce côté un peu maquette.

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Sur les conseils de Rafaël, ancien guide, nous voila rendus en premier lieu au cimetière des trains, pour ensuite filer sur le Salar d'Uyuni.
Le cimetière des trains ajoute au côté western… de vieilles michelines, de vieux wagons et de vieilles remorques sont abandonnés à 1 km du bout de la ville, dans un désert de sable.
Ces machines auraient servi pour la construction de la ville, mais aussi pour la construction du réseau routier.
Tout cet ensemble crée des contrastes assez saisissants de couleurs entre la rouille des machines, l'azur du ciel et les fluos de nos tenues et bonnets respectifs.
Quelques photos rigolotes plus tard, nous décidons de prendre la route vers le Salar.

Salar, vient du mot "sal" qui veut dire "sel" en Espagnol. Le Salar, c'est donc un immense désert de sel.
Ce désert a été formé par l'évaporation des lacs d'eau salée, il y a des milliards d'année… Il y a plein de théories différentes sur le sujet…
Le résultat, c'est que le Salar d'Uyuni, c'est la plus grande superficie de sel de la terre, à savoir 12000 km², mais aussi une belle réserve de lithium pour laquelle tous les industriels se battent…
C'est tellement immense que Rafaël nous a bien mis en garde: "Roulez toujours en ligne droite, en gardant en visuel le volcan au loin sur votre droite et ne vous éloignez pas des pistes existantes." 
Des explications claires et pleines de bons sens… dont nous avons pris toute la mesure en arrivant au Salar.

Passés les premiers moments d'admiration muette… la prise de conscience que ce n'est pas de la neige, mais bien du sel et le sentiment d'être, au fond, bien peu de choses sur cette terre…
Nous n'avons pas résisté longtemps avant de faire comme tous les touristes, des photos qui jouent sur les perspectives !

Nous avons pris la décision de ne pas faire de grosses expéditions sur le Salar, afin de ne pas laisser le combi seul dans la ville…
Cependant, pour ceux qui le souhaitent, il y a des expéditions qui durent plusieurs jours, et vraiment, si vous passez en Bolivie, allez-y, nous, nous avons adoré cet endroit !
Nous n'aurons fait que le "Sensé Avec 2 Ailes Tour", pour aller nous reposer dans notre hôtel toujours aussi gacial, avant de reprendre la route, le jour suivant, direction le lac Titicaca.
 

 

 

Bloqueados et totalement congelados à Potosi

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Dans les Andes, en Bolivie, à plus de 4000 mètres d'altitude, il fait froid la nuit et chaud la journée… Malgré l'achat de 3 couvertures, de pulls, de pantalons et de gants, nous avons déclaré forfait.
La goutte d'eau, cela a été le matin où nous nous sommes réveillés en faisant des petits nuages avec notre souffle et que nous avons dû dégivrer le pare-brise à l'INTERIEUR du Combi.

Après 2 nuits littéralement "congelados" dans le Combi, nous avons décidé de rallier au plus vite Potosi pour:
– Dormir au chaud
– Prendre une douche chaude
– Organiser notre excursion vers le Salar d'Uyuni

De bonne heure, de bonne humeur, la bouche en coeur, nous arrivons au poste d'entrée de la ville aux alentours de 12h. 
Potosi, sur le papier, cela semblait intéressant, une industrie forte du fait des mines (de plomb, d'argent, d'étain) et un patrimoine colonial important, classé par l'UNESCO.

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Sauf que là… le policier installé dans sa cahutte à 3 kilomètres de la ville nous explique qu'il n'est pas possible de rentrer dans la ville, car il y a une grève générale des mineurs et que tout est bloqué par les manifestants.
Il nous conseille vivement de faire demi-tour… Oui, oui, très bien, mais cela n'est malheureusement pas possible… car avec ce qu'il nous reste d'essence, faire demi-tour, signifie tomber en panne sèche dans la pampa bolivienne
Nous décidons donc d'attendre patiemment en compagnie de routiers, de bus de touristes, des micro-bus et de taxis locaux, et… de lamas.

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Comme d'habitude, notre Combi attire l'attention et nous passons le temps en racontant nos aventures.

Vers 17h, tout d'un coup, tout le monde s'agite, il serait enfin possible de rentrer dans la ville.

Nous voilà engagés dans un embouteillage apocalyptique, en descente, dans les lacets de montagnes, pour faire 1 kilomètre en 4 heures… et tomber sur des manifestants pas très sympas et plutôt revanchards.
Nous arrivons cependant à passer ce premier barrage ! 
Ouf!! Il nous en reste deux? Pas de problèmes, même pas peur, nous avons trop froid !

Oui, mais voilà, si les manifestants du premier barrage nous les avons trouvés pas sympas, ceux du deuxième étaient carrément hargneux, et il faut le dire, complètement saouls, donc pas très futés.
Comme ce sont des mineurs, ils jouent avec le feu et des explosifs – pétards ou dynamite, au choix – et sont fermement décidés à ne pas nous laisser passer.
Difficile de vous expliquer nos ressentis, car nous avons nous-mêmes eu du mal à nous dire que tout cela éait bien réel et que nous n'étions pas en plein tournage de film d'action avec Bruce Willis.
Sur ce coup-là nous nous sommes abstenus de prendre des photos… Vous nous excuserez!

Vers 5 heures du matin, après une troisième et courte nuit dans le Combi, toujours par -10°C, Mikaël en valeureux chevalier, entreprend de passer le 3ème barrage, espérant profiter de la fatigue dûe à l'ébriété de nos amis mineurs. 
Stratégie payante, nous sommes finalement entrés dans la ville. Hihaaaaaaa ! 

La première porte que nous poussons est la bonne, l'hôtel s'appelle "Sous le ciel de l'Eucalyptus", le gérant Wilbert parle français, les employés Edwin, sa femme Sirly et leur fils Santiago sont tout simplement adorables et compréhensifs.

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Il y a de l'eau chaude, du chauffage, et internet ! La vie est belle.
Malheureusement, très vite, nous comprenons que nous sommes pris au piège, car pour accéder ou sortir Potosi, il y a quatre routes et toutes sont barricadées par des manifestants toujours plus énervés.

Temps de la grève : illimité. Possibilités de sortir : proches de zéro.

 

Pendant quelques jours nous entrevoyons ce que peut donner une ville est en état de siège.
Potosi est à la merci des manifestants qui jouent sur la peur. 
C'est une ville morte que nous découvrons. Les institutions, les banques, les écoles, les commerces, les restaurants, tout est est barricadé, fermé à coup de cadenas. 
Aucune voiture dans les rues. Les passants se font rares.

Seules les motos des grévistes circulent pour surveiller et empêcher la ville et la vie de reprendre leur cours.
Pour faire des courses, il a fallu marcher près de 4 kilomètres pour trouver du pain, des carottes et des bananes à moitié pourries.
En ce qui concerne l'essence, tout est rationné, elle est distribuée au compte goutte et il faudra plusieurs tentatives pour en avoir et pour très cher: 10 bolivianos le litre au lieu de 8,68, le vigile ayant pris sa commission au passage!
Il n'y a pas de violences physiques à Potosi, contrairement à La Paz où tout a dégénèré… 

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D'après ce que nous avons réussi à comprendre, Potosi se révolte contre les promesses non tenues du président Evo Morales, réélu pour la 3ème fois l'an dernier, qui s'était engagé lors de son précédent mandat à fournir à Potosi et à ses 250 000 habitants une centrale béton, un aéroport et un hôpital entres autres choses… 
Cela nous laisse songeur… si les français montaient aux créneau de la sorte à chaque promesse non tenue, dans quel état serait la France…

 

Les premiers jours, nous profitons avec calme et philospohie de ce moment de pause forcée.

De toutes façons, Alline a attrapé une belle bronchite, Mikael a mal au dos et un gros rhume. 
De plus, il faut le dire, nous souffrons du mal de l'air… Le simple fait de monter dans notre chambre au 2ème étage revient au même effort que de courir un 50 mètres.
Cette situation extraordinaire a fait que nous avons sympathisé avec le personnel de l'hôtel et les 2 autres seuls clients, des brésiliens, que nous fini par "faire passer" en douce au milieu d'une nuit… 
Nous vivons en bonne intelligence dans cette communauté, en partageant nourriture, expériences, inquiétudes, questionnements et ressentis.

 

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La situation a commencé à devenir vraiment pesante et agaçante lorsqu'un imbécile totalement saoul (il y en a partout dans le monde) a explosé la vitre conducteur du Combi.
Nous vous passerons le débarquement des 15 motos de police – ils pensaient que c'étaient les manifestants qui se révoltaient – la traversée de la ville, chacun derrière son cow-boy motard, la déposition en portugnol face au comissaire qui aurait pu jouer dans un film d'Audiard…
Tout cela mériterait un article à part entière… cela fera partie des anecdotes que nous vous gardons pour le retour avec une bonne bouteille de vin!

 

Le samedi 18 juillet, tout s'accélère en quelques heures..

Nos mails à l'ambassade de France étant restés sans réponse, nous décidons de nous prendre en main.
A 12h après une entrevue avec le COMCIPO (COMité CIvique de POtosi) qui "coordonne" les manifestants, nous apprenons qu'une sortie serait possible, vers 13h30.
Petit problème, nous ne sommes pas intégrés dans le convoi.
Deux mamitas du COMCIPO, face à notre désarroi – Alline pleure de rage, Mika jure les bons dieux et les vafanculo – décident de nous prendre en charge. 

 

En effet, des touristes argentins, venus en masse pour acclamer le Pape en visite en Bolivie se sont retrouvés comme nous coincés avec leur véhicule dans la ville.
Ceux-là ont fait le forcing auprès de l'église Catholique de Potosi pour obtenir un droit de sortie exceptionnel auprès des manifestants.
Seul moyen pour nous d'intégrer le convoi, parler avec le prêtre qui organise ce convoi.
Le temps est serré, le prêtre n'est pas chez lui. Il faut faire vite pour le contacter. 
Direction la radio locale pour obtenir son numéro de téléphone.
Par un tour de passe-passe que seuls les journalistes maîtrisent, nous voila en train de donner une interview en direct pour expliquer nos malheurs et attirer l'attention du prêtre.

Mission accomplie, il rappelle et nous serons intégrés dans le convoi.

 

L'heure tourne, nous entassons en vrac nos affaires dans le combi, plaçons un carton à la hâte à l'emplacement de la fenêtre cassée la veille, histoire de ne pas arriver congelés à Uyuni et nous filons au point de rendez-vous.
Il nous faudra 3 heures pour passer les 4 barrages, avec à chaque fois une petite appréhension.
Dernière montée d'adrénaline, lors du dernier barrage, lorsque soudainement le P'tit Combi décide de caler et que tous ceux derrière nous klaxonnent et nous doublent.
Nous nous retrouvons là, seuls et encore coincés à Potosi, ce sera une petite frayeur d'une minute, des impuretés dans le filtre à essence… Mais c'est à ce moment-là que nos nerfs ont lâchés pour de bon.

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C'est donc sous l'escorte de deux prêtres que nous avons été littéralement exfiltrés de Potosi.
Nous y serons restés bloqués 7 jours et 8 nuits.

A l'heure où nous vous racontons cette histoire, le conflit dure toujours…